Ce que la maladie de mon frère a changé chez moi

J’en avais parlé il y a deux ans (ma seule et unique grande Une sur Hellocoton, qui a fait exploser les statistiques de mon blog, et de très loin mon article le plus lu sur mon blog) (ça n’a pas d’importance, c’est juste pour rallonger l’introduction de cet article pour que le fait essentiel n’apparaisse pas sur Hellocoton ^^), mon petit frère est décédé à l’âge de 11 ans des suites d’un cancer, il y a de ça 12 ans (pfiou oui ça fait très très loin, ça me fait bizarre que ça soit aussi lointain…), et je me rends compte que voir un enfant aussi jeune tomber malade et en mourir, ça a impacté ma vie et ma manière de penser, et ce encore aujourd’hui.
Voici donc les changements que j’ai pu identifier (je me confie sans filtre dans cet article, je ne me suis jamais dévoilée ainsi à qui que ce soit) :

* Je suis désolée d’écrire ça, mais les décès des personnes âgées, des grands parents, me laissent plus ou moins insensible. Je veux dire, c’est normal que vous soyez triste et qu’un décès soit douloureux, et je le comprends, mais j’ai du mal à compatir à votre douleur parce que c’est dans l’ordre des choses qu’une personne âgée décède alors que ce n’est pas dans l’ordre des choses qu’un enfant s’en aille. (J’ai lu dernièrement un article de blog d’une personne qui parlait de la perte de sa grand mère, et je n’ai pas réussi à ressentir vraiment d’émotions, et cela m’a un peu troublé)

* Je suis désolée d’écrire ça aussi, mais je n’ai pas de compassion envers les gens qui « ont peur des aiguilles » parce que si tu es (gravement) malade et que tu doives aller à l’hôpital, que tu aies peur ou non, il faudra bien que tu les subisses ces aiguilles. Mon frère n’a pas eu le choix, donc je suis assez insensible à cet argument. (Et les gens qui ne donnent pas leur sang à cause de cet argument m’énervent un peu)

* De la même manière, je ne comprends pas les gens qui s’opposent au don d’organes.

* La peur de mourir dans un accident de la route est assez présente quand je conduis. Cela ne me freine pas, mais j’en ai particulièrement conscience. Parce que c’est une mort tellement évitable (je ne veux culpabiliser personne dans cette phrase, mais la plupart des accidents pourrait être évitée), tellement soudaine, que je ne souhaite pas que ma famille soit confrontée à cela. Et après avoir été frappés par la maladie de manière totalement inexplicable, cela me fait peur que quelque chose d’aussi évitable nous arrive. (Je ne suis pas sûre d’être claire ici)

* J’ai conscience de la fragilité de la vie, que tout peut aller bien et que du jour au lendemain, tout ne peut plus aller bien. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, et j’ai particulièrement conscience de cela. Je suis moins sereine après l’annonce de la naissance d’un enfant, parce que oui tout va bien maintenant, mais on ne sait pas ce qu’il peut se passer plus tard… Ce n’est pas une pensée envahissante, juste une ombre qui passe. Cependant, je m’interroge sur l’impact que cela a sur mon désir d’avoir des enfants. Avoir conscience qu’un enfant peut tomber malade sans raison peut être un frein dans le fait d’en vouloir et je me demande si cela m’impacte ou pas. Je pense que oui, mais d’un autre côté je n’ai pas envie que cette peur prenne le dessus… De plus, comme j’ai une conscience accrue qu’un enfant peut décéder, j’ai plus envie d’avoir trois enfants, car si l’un des trois décède, au moins il en restera deux (comme ça a été le cas pour ma soeur et moi) (j’en ai parlé à une amie et elle m’a répondu « ah oui le décès de ton frère t’a beaucoup impacté, tu es déjà allée voir un psy? » Donc ne me dites pas la même chose, merci)

* Je n’aime pas répondre à la question « Et toi, tu as combien de frères et soeurs? », parce que je réponds que j’ai une soeur, et je ne parle pas de mon frère. Si je parle de lui, cela crée tout de suite un malaise, un silence désagréable parce que c’est triste, et parce que je ne veux pas être perçue comme une fille qui a vécu des choses douloureuses dans sa vie, donc je ne parle de lui que rarement. Mais à chaque fois qu’on me pose cette fameuse question, je pense toujours très fort « et j’ai un frère aussi, mais il n’est plus là… »

* Je sais que des choses peuvent arriver sans explications dans la vie. C’est une chose douloureuse à admettre et à accepter que oui un enfant peut tomber gravement malade, et que oui c’est comme ça, il n’y a aucune explication, point final. Il nous a fallu longtemps, à ma famille et moi, pour l’accepter. Le plus compliqué, pour moi, cela a été de concilier cela avec la religion. Comment accepter que Dieu accepte que de jeunes enfants tombent gravement malades et en décèdent? Vraiment, c’est compliqué de faire avec cette réalité. Cela m’a éloigné de la religion pendant quelques années, mais je ne me sentais pas en paix avec Dieu pendant ces années là. Finalement j’ai rencontré un mec (musulman) très croyant et son intérêt pour la religion m’a donné envie de faire la paix avec Dieu. Je me suis replongée dans ma religion (catholique) et puis finalement, je sais pas, j’ai fini par trouver la paix. J’ai ressenti la présence de Dieu et j’ai compris qu’Il était Amour et qu’Il nous accompagnait dans cette épreuve. Pour réussir à concilier cela, j’ai accepté l’idée que c’est arrivé de manière indépendante de Dieu, parce que cela devait arriver, et Dieu était là pour nous accompagner, mais qu’Il n’était pas responsable de cela. Je ne peux pas accepter, je ne peux vraiment pas accepter, que Dieu ait décidé que mon frère soit malade. Vraiment je ne veux pas et ne peux pas croire en un Dieu qui soit comme cela.
Et donc j’ai accepté que des choses dans la vie puissent arriver sans raison, et quand des personnes se demandent pourquoi telle maladie, tel drame, arrive, je peux juste leur dire « parce que c’est ainsi », mais je sais que c’est un chemin d’acceptation que l’on doit faire soi-même, et que peu importe ce que les autres disent, seul-e nous même pouvons accepter cette vérité.
J’ai donc conscience qu’un cancer peut arriver sans aucune raison, et que même si on tente de s’en préserver en mangeant sain et en faisant de l’activité sportive (en gros), cela diminuera seulement le risque de ne pas en avoir un, mais ne l’éliminera jamais totalement… (on vit dans un monde tellement pollué de toute façon…)

* Je ne suis donc pas attirée par toutes les questions existencielles, parce que pour moi la seule réponse possible, c’est « parce que c’est ainsi ». J’ai conscience que c’est une forme de protection, que la seule réponse possible que je peux accepter, c’est le « c’est ainsi ». C’est une quête douloureuse pour moi et donc « c’est ainsi », et cela me suffit.

* Il m’a fallu longtemps, longtemps, pour réussir à parler de mon frère sans pleurer. Il m’a fallu 10 ans environ pour y arriver. Ca a commencé à évoluer il y a 3 ans, quand j’ai eu le déclic qu’il fallait que je m’attaque au problème si je ne voulais pas retomber dans une situation de dépendance affective. Je peux pas trop expliquer ce qu’il s’est passé, j’ai pris conscience que le départ de mon frère était un poids et qu’il fallait que j’ose en parler, que je pouvais en parler. Et donc depuis j’arrive plus facilement à en parler. Aujourd’hui j’ai enfin la sensation d’être en paix avec mon deuil (et ne me dites pas le contraire s’il vous plaît). C’est un chemin assez douloureux le deuil, on sait quand il commence, mais on ne sait pas quand il finit. De devoir accepter, de se sentir en paix, de bien vivre et de vivre bien avec le poids de cet événement… C’est assez compliqué de l’appréhender et de se sentir bien.

* Je culpabilise assez facilement pour diverses choses, et je me demande si cela a un lien avec la maladie de mon frère. Le fait que ça soit lui qui soit parti et pas moi, le fait de ne pas avoir été assez présente pendant sa maladie, de m’être énervée parfois, de ne pas avoir compris ce qu’il se passait… Je m’interroge sur l’impact que cela a sur moi.
Par ailleurs, je culpabilise un peu de m’éloigner géographiquement parlant de ma mère, parce qu’on est les seuls enfants qu’il lui reste avec ma soeur (mes parents ont divorcé) et donc je suis fière d’avoir réussi à partir habiter à 3 heures de route de chez mes parents, d’avoir réussi à m’affranchir de cela, mais il y a quand même toujours ce poids de la culpabilité vis-à-vis de ma mère qui est plus ou moins présent.

* Je me suis faite tatouer le mot « éphémère » parce que

Ainsi, tout passe sur la terre

Esprit, grâce, beauté, talent

Telle est une fleur éphémère

Que renverse le moindre vent…

* J’ai parlé des choses dont j’ai conscience mais je trouve cela assez difficile de se rendre compte vraiment de l’impact qu’une telle épreuve a sur nous, dans toute son étendue et toute son intensité. Donc je ne sais pas tout ^^

J’ai bien conscience que vous n’allez pas forcément apprécier certaines phrases que j’ai écrites et je suis désolée de cela, j’ai écrit les choses telles que je les ressens.

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« Et si j’étais comme ça », alors… ça ne changerait rien

En 2013, quand c’était compliqué avec N., je me disais « Si je n’étais plus dépendante de lui, si j’étais patiente, si j’acceptais la situation, s’il prenait moins de place dans ma vie, alors il serait plus en confiance, alors il me parlerait plus et on serait plus proche. » Et j’ai – enfin – réussi à ne plus être dépendante, on a – enfin – des contacts apaisés, sans tensions, mais, devinez quoi : la situation n’a pas changé du tout. Lorsqu’on s’est rencontré, il a décidé (décidé n’est pas forcément le bon terme, mais je m’interroge quand même sur la dimension du choix ici) que je resterai toujours au bord du chemin de sa vie, que je ne ferai jamais partie de sa vie, et quoique je fasse, ça ne changera jamais. J’ai pris conscience de ça dernièrement, que je pouvais bien faire tout ce que je voulais, ça ne changera jamais rien à la situation, il ne veut pas que l’on ait une amitié plus profonde, autre chose que des rapports amicaux superficiels, et ça ne changera jamais.

C’est ce qu’il se passe dans une relation non satisfaisante, on se dit « et si j’étais plus comme ça, et si j’étais moins comme ça, alors il m’aimerait plus, alors il serait plus gentil, alors il ne me ferait pas de remarques. » Le poids de la responsabilité de la relation et de la culpabilité reposent sur nous, mais c’est une illusion. On croit pouvoir changer la situation, on croit que l’autre va se sentir plus en confiance, on croit qu’il va réagir à notre attitude, vouloir se rapprocher de nous. Mais en fait non.

Seule la personne peut décider d’elle même de vouloir changer, seule la personne peut décider d’elle même de nous accorder plus de place dans sa vie. Une phrase d’un roman d’Agnès Ledig l’illustre particulièrement bien :

« Tu peux tendre la main à une personne, mais tu ne peux pas la sortir du trou dans laquelle elle s’enfonce si elle ne prend pas la main que tu lui tends. A moins d’y tomber avec elle, ce qui ne résout pas les choses. On est à deux au fond du trou, mais on est quand même au fond du trou. »

(je savais déjà ça, mais cette phrase illustre tellement bien l’idée qu’elle m’a permis d’en prendre plus conscience et donc je devais la partager) (ça vient du livre Juste avant le bonheur) (Je ne sais pas si je vous le conseille, car la moitié de l’histoire est joyeuse et l’autre triste, donc à vous de voir… – TW : décès)

L’idée de « et si » génère beaucoup, beaucoup d’espoir. C’est une chose qui fait tenir la relation, qui l’entretient, de se dire qu’avec de la patience, cela peut changer… Et donc c’est difficile d’accepter que non ça ne changera jamais rien… Mais il faut savoir se résigner, déposer les armes, (partir), redevenir nous même, et enlever ce sentiment de responsabilité et de culpabilité…

Car on mérite mieux que de se donner du mal et d’user notre énergie pour une personne qui en fait mauvais usage, pour une personne à qui cela n’apporte rien de positif. D’autres personnes sauraient tirer du positif de cette énergie, et surtout d’autres personnes pourraient nous apporter des choses positives.

D’ailleurs, N. n’a pas confiance en lui, et il contre ce manque de confiance en rabaissant et en dénigrant les autres. Ce que je trouve fort dommage car c’est un cercle vicieux qui éloigne les gens de lui et qui donc entraîne encore moins de confiance en lui… J’ai longtemps voulu l’aider à avoir plus confiance en lui, mais une amie m’a dit une chose très juste « ce n’est pas forcément la meilleure manière, mais chacun choisit son chemin pour aller mieux. » Et donc il a choisi son chemin, et quoique je fasse, quoique d’autres personnes fassent, personne ne pourra l’y détourner tant qu’il n’aura pas envie lui même de changer…

Conclusion :

« Ne perdez pas de temps à taper sur un mur en espérant le transformer en porte » (Coco Chanel)

(cet article est un peu décousu et n’a pas de réelle conclusion mais ce sont des prises de conscience importantes sur les relations que je souhaitais partager avec vous :) )

PS : En fait je me rends compte qu’il faut que je fasse le deuil de cette pseudo amitié, parce que maintenant que c’est apaisé et que j’ai réussi à prendre de la distance, je me rends compte qu’il ne m’apporte plus grand chose. Je partage occasionnellement des choses avec lui, mais vraiment ce n’est pas profond et c’est peu significatif. Mais autant avant j’acceptais qu’on arrête de se parler parce que c’était tendu entre nous et ce n’était pas un contexte épanouissant, ni sain. Mais maintenant, la seule chose qui nous éloigne c’est le fait que finalement… on n’a pas grand chose à partager, qu’il y a trop de barrières entre nous pour que cela soit une amitié constructive et intéressante, et j’ai du mal à l’admettre, qu’en fait, après toutes ces années, toutes ces tensions, toutes ces prises de tête, tous ces espoirs, toutes ces discussions, après tout ça, ben en fait l’éloignement se fait de lui-même, et juste voilà. Et le « juste voilà », il est un peu compliqué à accepter…

En vrac

J’avais envie de mettre à jour mon blog sur ma situation actuelle, mais je n’ai pas de quoi faire un article entier sur un thème, donc voici des nouvelles diverses et variées sur ma vie actuelle :

Vue sur la plaine d’Alsace featuring les Alpes en arrière plan (peu visibles malheureusement…)
  • Je suis en Alsace depuis 8 mois, et je suis contente d’être dans une nouvelle région. Je me rends de plus en plus compte qu’habiter dans une nouvelle région, ce n’est pas seulement découvrir une nouvelle ville, c’est découvrir tout un nouvel environnement. Je ne savais rien (ou presque) de l’Alsace avant d’arriver ici, je n’avais aucun point de repère, et j’ai donc tout à découvrir. Apprendre à me repérer à Mulhouse et dans sa périphérie, apprendre les villes et villages qu’il y a dans les alentours, apprendre la géographie de la région, les endroits à fréquenter dans la ville… Et puis surtout je n’ai pas grandi ici, donc je n’ai pas de souvenirs que les autres ont. Si j’entends parler de collège ou lycée, cela ne m’évoque rien, car ce n’est pas ici que j’ai fait ma scolarité. Bref, je ne connais rien à cette région, j’ai tout à apprendre, c’est un peu déstabilisant de se retrouver dans un univers plutôt inconnu, et j’aime beaucoup en fait.

  • Je ne suis pas partie en Allemagne comme j’avais le projet de le faire après mes études, et ce n’est pas prêt de se réaliser avant quelques années. J’aurais eu l’opportunité de le faire là, puisque je me suis retrouvée sans engagement après avoir quitté mon ancien travail, mais je n’avais ni l’énergie ni le moral pour me retaper ENCORE un déménagement, ENCORE un nouvel endroit à découvrir. Donc je n’ai pas cherché à partir, à aller ailleurs en recherchant un autre travail. Cela met donc mon projet de vie à l’étranger entre parenthèses pendant quelques années, mais en fait je l’accepte plutôt bien. Je l’accepte parce que je suis malgré tout dans un environnement relativement germanophone, puisque l’Allemagne et la Suisse sont à moins de 30 minutes de Mulhouse, et franchement j’apprécie énormément ça, de pouvoir aller aussi facilement dans ces deux pays. Et puis, je peux écouter la radio allemande dans ma voiture, et rien que ça, c’est le kif absolu.

Vue sur les Vosges depuis le Hartmannswillerkopf, un champ de combat de la première guerre mondiale, où les tranchées et fils de barbelé sont encore visibles!
  • Et en plus, j’ai finalement retrouvé un travail ! Et c’est un travail dans un cabinet qui travaille avec des clients allemands et suisses, donc je vais utiliser l’allemand dans mon métier, et je suis ravie car c’était mon objectif ! C’est pour cela que j’ai déménagé en Alsace, et je suis contente que ce projet ait porté ses fruits. Je suis vraiment contente d’avoir trouvé ce poste, même si je vais faire des tâches que je n’ai jamais vraiment apprécié dans mes anciennes expériences… Mais là le contexte sera différent, c’est un poste qui m’ouvrira des opportunités d’avenir intéressantes, et je serai dans un contexte germanophone. Je me suis rendue compte que je ne pouvais pas exercer tout de suite le métier qui m’intéressait vraiment, qu’il fallait que je commence par la base, et ce poste va me permettre de le faire. J’ai beaucoup, beaucoup, réfléchi pendant ma période de recherche d’emploi, et j’ai eu un déclic en lisant cette phrase : « La liberté n’est pas de faire ce que tu aimes, mais d’aimer ce que tu fais. » Cette phrase est discutable, mais elle m’a parlé. Et je me suis rendue compte que je pouvais accepter de faire des tâches que j’aimais moins, mais qui avaient un sens dans un contexte plus global. Donc je vais voir comment je vais vivre ce poste, si je me trompe totalement ou pas…

  • Je suis donc dans une nouvelle ville, et qui dit nouvel environnement, dit réseau à reconstruire… Je ne connais personne ici… J’ai sympathisé avec une ancienne collègue, mais c’est une stagiaire qui part dans deux semaines, donc bon… Donc je suis tout à fait seule à Mulhouse. Et vous savez quoi, je le vis plutôt bien en fait. L’année dernière, j’ai été au chômage aussi, et j’avais très peur de me retrouver toute seule toute la journée sans avoir personne à qui parler. C’est pour ça que j’étais contente d’être en couple, et que j’ai eu du mal à accepter de quitter mon ex. Et ironie de la vie, cette année je me suis retrouvée au chômage, et j’étais célibataire ET EN PLUS j’étais dans une vie où je ne connaissais personne ! Et pourtant, je l’ai très bien vécu. Je me suis rendue compte que les peurs n’étaient parfois que des peurs… Je ne sais pas trop encore comment je vais sympathiser avec des gens… Je fais des sorties organisées sur le site On va sortir, j’aime beaucoup, mais je ne sais pas si cela va me permettre de sympathiser avec du monde. On verra, mais bizarrement je suis plutôt sereine et en confiance, je sais que les choses vont bouger petit à petit, même si ça risque de prendre du temps…

Coucher de soleil sur les cigognes d’Alsace :)
  • Je me rends compte aussi, quasiment un an après la rupture avec mon ex, que je n’ai toujours aucune envie d’être en couple, et que je n’ai même aucune envie de me faire approcher par un mec. Je me braque si un mec m’approche, a envie de plus me connaître, parce que ma dernière relation a été en fait assez éprouvante. Mon dernier mec essayait d’aller à l’encontre de ce que j’étais, et je n’ai pas envie de revivre ça, de prendre le risque de revivre ça. De devoir lutter en permanence pour affirmer qui je suis, de devoir accepter des choses que je ne fais pas seule… Enfin bref j’ai un bel équilibre seule dans ma vie, et je n’ai pas envie qu’il soit brisé par une intervention extérieure. Donc bref, cela passera quand je ferai une rencontre qui me donnera envie de le briser, mais je me braque très facilement pour le moment.

  • Et j’en ai écrit pas mal pour le moment, donc je vais m’arrêter là :)

Les migrants.

Dernièrement, j’ai vu le documentaire « La mécanique des flux« . Il montre la situation des migrants, et je souhaite consigner ce que j’ai vu car c’est un sujet important, mais pour lequel je me sens impuissante, pour lequel on est tous et toutes plus ou moins impuissant-e-s.

Le film commence avec la police de contrôle des frontières en Croatie. Les policiers surveillent les frontières pour découvrir et arrêter les migrants. Ils se déplacent sur le terrain, mais regardent aussi des caméras de surveillance, des caméras thermiques, qui permettent de voir précisément des humains pendant la nuit. Ainsi, il est difficile d’échapper à leur regard. On peut voir des groupes de personnes passer, des parents avec leurs enfants… Le contrôleur nous dit :

« Ce sont des gens qui fuient la guerre. Ils fuient seulement la guerre. »

« Mais on fait notre job. »

Cette phrase m’a interpellé, parce que oui ils font leur job, mais est-ce un travail qui rend service aux humains, qui leur apporte quelque chose de positif ? Comment peut-on vivre sereinement en arrêtant des gens qui « fuient seulement la guerre »? Et je me suis demandée, pendant la seconde guerre mondiale, beaucoup de gens ont fuit les exterminations en allant dans des pays où ils étaient plus en sécurité, en franchissant des frontières. A cette époque, il n’y avait pas de caméras thermiques. Mais si cela avait été le cas ? Des films sont faits sur les histoires de juifs ou de tsiganes qui ont pu échapper à la mort grâce à leur fuite dans un pays en paix, et nous nous réjouissons que ces personnes ont eu la vie sauve, mais les gens qui vivent dans un pays en guerre actuellement, ont-ils eux la chance d’aller dans un pays qui les accueillent pendant que chez eux c’est en guerre ? Ce motif empêche-t-il les autorités de renvoyer les migrants chez eux ? Ce motif rend-il les migrants plus acceptables dans les pays où ils atterrissent ?

On voit ensuite des migrants parler de ce qu’ils ont vécu. Ils expliquent que chez eux, c’est la guerre, chez eux, c’est la famine, et ils ne peuvent pas rester dans leur pays, parce que s’ils restent, ils vont mourir. Et que peu importe s’ils meurent pendant leur périple, parce qu’ils se considèrent déjà comme morts. Et une personne déjà morte peut-elle avoir peur de la mort ? Pour eux, le seul choix possible, c’est partir. Ils savent que leur périple peut échouer, tout comme il peut réussir. Et s’ils réussissent, s’ils ont la chance que cela réussisse, ils se percevront comme des héros (je crois, je ne sais plus si c’est exactement cela qu’il a dit), et cela fera une belle histoire à raconter.

Des autres ont raconté leur périple pendant qu’ils traversaient la Méditerranée à bord d’un bateau surchargé. L’un d’eux s’est retrouvé dans un bateau où l’électricité ne marchait plus. Il n’y avait plus de lumière, ils ne pouvaient plus avancer. Par chance, ils ont croisé un bateau de militaires. Les militaires se sont arrêtés, mais ils ne pouvaient rien faire pour eux à part les prendre à bord. Mais ils pouvaient difficilement s’approcher du bateau des migrants à cause des vagues, ils risquaient de le renverser. Ils ont finalement décidé de partir et de les abandonner à leur sort, au milieu de la mer. Ils ont décidé de les abandonner au milieu de la mer, sans leur donner de possibilité de sortie. Finalement, ils ont croisé un bateau qui leur a donné de l’essence et ils ont pu naviguer jusqu’à une ville, après trois jours de navigation, sans eau, en étant serrés les uns contre les autres.

Un autre bateau a croisé un navire de gardes côtes grecques. Mais au lieu de les aider, les gardes côtes les ont insulté « fuck you » et leur ont dit de partir « get away ». Ils ont même percuté le bateau des migrants avec leur navire, à plusieurs reprises, ce qui a fait un trou dans le moyen de transport des migrants, et ce qui a amené celui-ci à se retourner. Des personnes sont mortes, et deux familles ont pu en échapper, car les gardes côtes les ont finalement pris à bord. Ils les ont pris à bord parce qu’un navire de gardes côtes turcs se rapprochaient d’eux.

Ensuite, un camp de détention en Grèce (je crois) est montré. Dans ce bâtiment, ils entassent les migrants dans des pièces dont ils n’ont pas le droit de sortir. Ils sont enfermés là dedans et ne peuvent même pas sortir dehors prendre l’air. Ils restent toute la journée écrasés les uns contre les autres. Ils sont entassés les uns contre les autres.  Et ils restent là dedans toute la journée, toute la nuit, tous les jours, sans avoir le droit d’en sortir.

Des images de migrants qui font la grève de la faim sont ensuite montrées. Pour exprimer leur volonté de ne plus se nourrir et de protester, ils se sont cousus la bouche. Ce n’est pas une image. Ils se sont cousus des fils pour qu’ils ne puissent plus ouvrir entièrement la bouche. Je ne sais pas ce qui les a mené à ce choix extrême, mais des migrants ont fait/font la grève de la faim pour protester contre leur condition.

Des migrants afghans témoignent ensuite. Ils vivent dans une usine désaffectée depuis deux ans. L’un d’eux dit :

« C’est la guerre chez nous, je ne pouvais pas rester. »

« Mais je suis né pour être un bon médecin ou un bon ingénieur. Pas un bon combattant. »

A la fin du film, un Africain s’exprime. Pour lui les migrants ne sont pas la cause de la crise économique en Europe. S’ils travaillent, s’ils perçoivent un salaire, s’ils s’intègrent dans la société, s’ils payent des impôts, alors eux aussi ils contribueront à la société, eux aussi ils contribueront à la croissance. Il explique que l’Afrique est vue comme une terre où l’Europe, les Etats Unis peuvent s’enrichir. Les entreprises d’armement contribuent aux guerres qu’il y a là bas en fournissant les combattants. Si cent Africains meurent, qu’est ce que cela peut faire tant qu’une personne européenne ou américaine s’enrichit ? L’Europe et l’Amérique ont tout à gagner que l’Afrique reste pauvre, car cela leur permet de faire des cultures pour ensuite nourrir le bétail des Occidentaux, pour ensuite nourrir les Occidentaux à faible coût. Même si cela fait monter le coût des céréales pour les locaux, qui ne peuvent ensuite plus l’acheter pour se nourrir eux-mêmes. Les ressources africaines sont fortement convoités par les Occidentaux, et l’instabilité de ce continent s’explique notamment par leur influence.

Mais tous ces gens qui fuient, qu’est ce qu’on en fait aujourd’hui ? Mais nous qu’est ce qu’on peut faire pour influencer positivement la situation et pour la réduire ?

Ce film me perturbe beaucoup parce que cette situation me révolte, et je me sens impuissante. Les migrants sont considérés comme des sous-humains indésirables en Europe.

Je pense à quelques pistes qui peuvent aider :

  • voter (ou ne pas voter) : Le pouvoir politique a une influence sur la façon dont les migrants sont accueillis/rejetés dans le pays, et on peut agir sur les représentants qui sont en place.
  • consommer différemment : on ne s’en rend pas compte, nous qui avons tout à portée de main dans nos magasins, mais la production de certains aliments a un impact fort sur les populations locales. Il est possible de se détourner de ces aliments, ou de diminuer leur consommation, ou de choisir de consommer de manière responsable, car ils maintiennent les populations dans la pauvreté, ils leur prennent leurs ressources et ne leur permettent pas de se développer véritablement.
  • faire du bénévolat si possible, ou partir faire du bénévolat dans des pays qui en ont besoin. Mais il faut alors se renseigner sur la structure en place, car il est facile de croire que le bénévolat que nous faisons aide la population en place, mais des personnes parviennent à en tirer profit, et elles créent finalement encore plus de difficultés et de pauvreté dans le pays en question. Toujours bien se renseigner.
  • ne pas contribuer au climat de peur en répandant de fausses informations.

Je sais que les migrants sont un sujet sensible, mais je crois qu’il est important de se rappeler que ce sont avant tout seulement des humains, comme vous et moi, qui fuient des conflits dans leur pays, dans l’espoir de trouver une vie plus accueillante et plus douce…

Voir aussi : Une semaine avec les migrants à Calais.

 

L’attachement aux souvenirs

Je me suis fait voler mon ordinateur dernièrement, et j’ai perdu un certain nombre de données. Du coup, j’avais envie de partager mes réflexions et ressentis sur l’attachement aux souvenirs tel que je le vis depuis quelques jours… (nb : oui je sais il faut utiliser un disque externe, c’est la base en sécurité je le sais plus que très bien, mais je n’en ai pas, donc tant pis pour moi, mais ce n’est pas l’objet de ce post). (traduction : ne me faites pas la morale, merci)

Pour l’histoire, je me suis fait voler mon ordinateur dans le train. J’avais posé mon sac dans le compartiment à bagages, et en voulant redescendre à mon arrêt, je me suis rendue compte qu’on avait fouillé dans mon sac et que mon ordi avait disparu… La dame qui avait sa valise à côté de moi s’est fait voler sa valise et un autre monsieur s’est fait voler son sac avec son ordinateur… (donc conclusion : je sous-estimais et prenais à la légère les vols dans le train, mais force est de constater que sisi ça existe, et qu’il faut faire attention à ses affaires…)

J’ai perdu toutes mes musiques, mais c’est pas grave ça, ça se retélécharge, ça se retrouve sur les cds. J’ai aussi perdu des documents, mais rien d’essentiel je crois… (Mon CV et mon mémoire de fin de master se trouvent dans des mails.) Non ce qui m’embête, ce sont les images. J’avais mon ordinateur depuis 6 ans, donc on en accumule des choses en 6 ans, et surtout on en vit des choses pendant 6 ans… On fait des sorties avec sa famille, avec des ami-e-s, on passe des bons moments avec elles et eux, on a des ou une relation(s) amoureuse(s), et puis on voyage… Et on en collecte des choses, des belles images, des images qui (re)donnent le sourire, au travers de nos errances sur Internet… Et toutes ces choses, tous ces souvenirs, tous ces moments ne se revivent pas. La photo a été prise à un moment donné, a un lieu précis, lors d’un évènement précis, et cet évènement ne se reproduira jamais.

Je n’ai pas perdu toutes mes images car toutes celles que j’ai prises avec mon téléphone portable de 2015 à aujourd’hui sont sur Dropxbox, une partie de celles que j’ai prises en 2011-2013 sont sur des cartes SD, mais j’ai perdu toute l’année 2014, sauf les photos qui sont sur Instagram (Dropbox et mon tel n’avaient plus de mémoire). Et en 2014, je suis sortie avec un mec, ce qui signifie que je n’ai plus de photos de cette relation. On dit souvent que quand on se met en couple, il faut se débarrasser de tous les souvenirs physiques et concrets que l’on a des autres relations. Jeter toutes les photos, jeter tous les cadeaux, tous les mots d’amour qui ont été écrits, toutes ces choses que l’autre nous  a donné et que l’on a vécu avec lui. Mais je ne suis pas d’accord avec cette idée, car cette relation a existé, elle nous a apporté des choses, nous a rendu heureuses et nous a fait grandir, et je ne vois pas pourquoi, sous prétexte que l’on n’aime plus cette personne et qu’une autre est dans notre vie, on devrait se débarrasser de ce passé – tant que l’on en a des bons souvenirs. Et aujourd’hui, me retrouver sans souvenirs de cette relation, même si je n’ai plus regardé les photos depuis notre rupture, cela me fait bizarre. Comme si cette relation n’existait plus que dans ma mémoire maintenant, et que rien ou presque ne pouvait attester son existence. Comme si seule ma mémoire pouvait se souvenir de son existence, que tout reposait sur ma mémoire dorénavant, et c’est assez étrange comme sensation.

Ce qui me marque beaucoup, c’est que les photos que j’ai perdues, je ne les regardais pas. Elles étaient là, en souvenir des beaux moments et des belles expériences que j’avais vécu, mais je ne ressentais ni l’envie ni le besoin de les regarder. Et pourtant, depuis que je ne les ai plus, elles me manquent. Il y a un vide de ces photos dans mon nouvel ordi. Ce que j’avais le plus peur de perdre, ce sont mes photos de voyage. Je ne sais pas exactement pourquoi c’est à ces photos que je pense le plus. Tous les voyages que j’ai fait depuis 2012 étaient de très belles expériences qui m’ont laissé enchantée. Et je tiens à ces photos comme preuve de ce que j’ai vécu, et parce que je ne pourrai jamais revivre la même chose. Même si j’y retourne, je ne partirai pas forcément avec les mêmes personnes, je ne recroiserai pas les mêmes gens, et surtout cela ne sera plus de la découverte. Et je me rends compte qu’il y a des voyages auxquels je tiens le plus. Je ne sais pas pourquoi, mais les premiers auxquels j’ai pensé, c’est ceux que j’ai fait en Norvège et au Maroc en 2012, Monaco et Nîmes que j’ai visité en 2013, et ensuite le Chemin de Stevenson que j’ai fait en 2015 (et le Chemin de Compostelle que j’ai fait il y a deux semaines). Et après je me suis rappelée de mes 4 mois en Allemagne en 2012. Mais a priori j’ai toutes les photos de ces voyages, enfin presque.

Source : Photo of a day, National Geographic

J’ai fait d’autres voyages aussi, mais pour ceux-ci cela me dérange moins si je n’ai plus les photos. Peut être parce que ces voyages étaient moins marquants, moins riches en émotions, moins riches en découvertes, moins riches en aventures… Ce qui m’a rassuré et consolé un peu, c’était que j’ai des souvenirs physiques de ces voyages, puisque depuis 2012, je tiens des journaux de voyage. J’ai un carnet dans lequel je raconte ce que je fais, et j’y ai collé des photos, des images. Ceux-là au moins on ne pourra pas me les enlever… (sauf si la maison prend feu, mais c’est une autre histoire)

Ce qui m’a rassuré aussi en pensant à mes photos perdues de 2014, c’est que j’en avais posté sur Instagram, et que mon blog est toujours là pour me rappeler les souvenirs de cette année. Même s’il n’y a pas de photos perso, il y a mes écrits, il y a cette année qui est consignée quelque part sur le net. Tout n’est pas perdu, et cela me rassure, cela me fait du bien de le savoir.

Et pour les images que j’avais trouvées sur le net et que j’ai perdu définitivement (ou la capture d’écran de la toute première fois où j’ai été en une sur Hellocoton) (oui j’avoue), finalement je relativise avec le temps qui passe. Oui cela me faisait toujours plaisir de les regarder, de savoir qu’elles étaient là, mais au final j’en retrouverai d’autres qui me feront sourire aussi, et puis ces souvenirs ne s’effaceront pas… Et puis on évolue aussi. J’ai le disque dur de mon premier ordi, qui consigne mes souvenirs de 2008 à 2011, et cela me fait bizarre de revoir celle que j’ai été à ce moment là, de voir ce que j’aimais, ce qui m’animait à cette période. Ce n’est plus vraiment moi maintenant, et donc je me dis que c’est bien aussi que des choses appartenant au passé restent dans le passé. Elles nous définissaient à un moment donné, nous parlaient, mais ce n’est plus le cas maintenant. L’important c’est de savoir d’où l’on vient et ce que l’on a vécu, le reste ce sont des détails…

Donc si j’ai un seul conseil à vous donner, c’est : multipliez les sources de vos souvenirs. Ecrivez sur un cahier, sur le net, imprimez les photos, rangez les dans un album, publiez sur le net les moments qui vous font du bien (d’ailleurs je n’ai pas parlé de Facebook pour la simple raison que je ne poste quasiment rien là bas, donc Facebook n’est pas ma mémoire ^^) Bref faites vivre votre mémoire, rendez la concrète. Parce que si jamais un jour une partie de vos souvenirs disparaît, au moins il en restera toujours une trace quelque part….

Et d’ailleurs petit aparté, oui le stockage de ses données en ligne, dans des mails, sur le cloud, c’est bien, mais il ne faut pas oublier que pour conserver ces données sur Internet, il y a des serveurs qui tournent, et qui dit serveurs dit utilisation de beaucoup de ressources et dont dit pollution. C’est la raison pour laquelle j’évite d’abuser de ces fonctionnalités, même si elles sont très pratiques.

29 ans, en équilibre

Cette année, j’avais envie d’écrire cet article pour peut être rassurer et déculpabiliser celles et ceux qui en auraient besoin… Déculpabiliser parce que la situation de ma vie n’est pas très différente d’il y a un an, elle est même « pire » (entre guillemets), puisque je suis célibataire cette fois, et au chômage, toujours…

Et pourtant… Et pourtant, je me sens mieux que l’année dernière.

J’avance dans ma vie, même si on pourrait penser que non. Je suis à nouveau au chômage, mais j’ai trouvé un travail entre temps. Ca a été une expérience très intéressante, qui m’a aidé à mieux me connaître, et à mieux savoir ce que je recherche dans le monde professionnel. (Et ça fait une jolie ligne sur mon CV) Je voulais faire ce travail parce que sinon je ne savais pas quoi faire d’autre, je savais pourquoi ce métier m’attirait, et je suis très contente d’avoir pu le tester. Même si je me serais bien passée de retourner au chômage, même si ce n’est pas facile à digérer qu’un travail sur lequel on planifiait des projets et un avenir ne soit en fait qu’une erreur, même si j’avais déménagé pour ce travail, je suis contente d’avoir pu l’expérimenter, et je suis contente d’être dans la région dans laquelle je suis actuellement. J’ai confiance en l’avenir, je commence à mieux cerner quel genre de poste me conviendrait, dans quel contexte, il ne reste plus qu’à me lancer, et j’espère que tout va bien se passer cette fois…

J’ai été triste de quitter la ville où j’étais avant, parce que je l’aime beaucoup, et parce que j’avais un groupe d’amis là bas, j’avais rencontré de belles personnes avec lesquelles je me sentais bien, mais j’ai tout quitté parce que je voulais un travail qui me permette de parler allemand. Je ne suis pas partie en Allemagne parce que c’était compliqué, mais je suis très contente d’être dans une région à laquelle je ne connais rien. Avant j’habitais à 1h de route de chez mes parents, avant j’étais dans ma région d’origine, même si ce n’était pas le même département, maintenant j’habite à 1h de TGV de chez mes parents (3h de route environ), maintenant je suis dans une nouvelle région, et toute cette nouveauté je trouve cela plutôt excitant et intéressant. Ce n’est pas un nouveau pays, mais c’est une nouvelle région dans laquelle j’ai beaucoup moins de répères, et je suis heureuse d’être là.

Les gens m’ont demandé si j’avais l’intention de rentrer chez moi, de redéménager, mes anciens managers étaient persuadés que j’allais le faire, mais je n’ai aucune raison de le faire. J’ai la chance d’être ici, et je veux en profiter, je ne veux pas la gâcher. Surtout que je n’ai pas eu le temps de vraiment la découvrir en 6 mois (travail trop intensif), et je veux aller à la rencontre de cette ville que j’ai plus effleurée que découverte pour le moment. Et je pense que c’est une bonne idée que je m’éloigne un peu de ma famille, que je m’éloigne plus.

Donc non, je suis contente d’être dans cette nouvelle ville, et même si je n’ai plus mon travail, que je n’ai aucun-e ami-e ici (je n’ai pas eu le temps de rencontrer des gens because travail trop intensif), je suis contente d’être là.

Source : Find your way, ferrohanc, Deviant Art

Et donc forcément, je n’ai pas rencontré de gens, donc je suis toujours célibataire. Pendant ces six derniers mois, ma (presque) seule préoccupation c’était  de trouver un équilibre malgré mon travail envahissant. Je pensais à mon équilibre avant tout, j’avais déjà du mal à le gérer, donc je ne voulais pas rajouter un mec là dedans… En juillet ça fera un an que je serai célibataire, mais je le vis très bien. Ca reste un peu difficile de bien le vivre et de ne pas ressentir l’envie d’être en couple vis à vis des autres qui sont en couple, parce que bon j’ai 29 ans quand même… Mais je m’en fiche, je suis heureuse comme ça.

Et j’avance aussi sur le plan de l’épanouissement personnel. La méditation me fait beaucoup de bien, j’arrive à prendre plus de recul vis à vis de mes pensées, j’évite au maximum les pensées négatives dont le seul intérêt est d’avoir un impact négatif sur nous, et je me sens moins stressée. J’ai de plus en plus conscience de ma personnalité, je sais que je suis introvertie, peut être un peu plus sensible que les autres, je sais que j’ai encore mon moi intérieur à découvrir, que je cache encore beaucoup de choses au fond de moi et qu’il faut que j’aille à leur rencontre. Ca avance tout doucement.

Source : John Peter, Deviant Art

J’ai aussi pris beaucoup de distance vis à vis de la dépendance affective. J’ai bien avancé, je m’en suis rendue compte en reparlant avec N. La période où on se parle est passée, on a quasiment plus de contacts, mais je suis contente qu’on se soit reparlé, car j’ai pu voir mes avancées, voir que je pouvais prendre de la distance, et j’éprouve de la gratitude pour cette pseudo amitié car elle m’apprend tellement sur les relations humaines… Même si bon c’est loin d’être la plus joyeuse et la plus profonde qui soit, c’est celle qui m’apprend le plus.

Donc j’avance, je ne vous cache pas que cela me fait bizarre d’approcher des 30 ans, d’avancer dans le cycle de la vie, mais j’avance et c’est le principal.