« Et si j’étais comme ça », alors… ça ne changerait rien

En 2013, quand c’était compliqué avec N., je me disais « Si je n’étais plus dépendante de lui, si j’étais patiente, si j’acceptais la situation, s’il prenait moins de place dans ma vie, alors il serait plus en confiance, alors il me parlerait plus et on serait plus proche. » Et j’ai – enfin – réussi à ne plus être dépendante, on a – enfin – des contacts apaisés, sans tensions, mais, devinez quoi : la situation n’a pas changé du tout. Lorsqu’on s’est rencontré, il a décidé (décidé n’est pas forcément le bon terme, mais je m’interroge quand même sur la dimension du choix ici) que je resterai toujours au bord du chemin de sa vie, que je ne ferai jamais partie de sa vie, et quoique je fasse, ça ne changera jamais. J’ai pris conscience de ça dernièrement, que je pouvais bien faire tout ce que je voulais, ça ne changera jamais rien à la situation, il ne veut pas que l’on ait une amitié plus profonde, autre chose que des rapports amicaux superficiels, et ça ne changera jamais.

C’est ce qu’il se passe dans une relation non satisfaisante, on se dit « et si j’étais plus comme ça, et si j’étais moins comme ça, alors il m’aimerait plus, alors il serait plus gentil, alors il ne me ferait pas de remarques. » Le poids de la responsabilité de la relation et de la culpabilité reposent sur nous, mais c’est une illusion. On croit pouvoir changer la situation, on croit que l’autre va se sentir plus en confiance, on croit qu’il va réagir à notre attitude, vouloir se rapprocher de nous. Mais en fait non.

Seule la personne peut décider d’elle même de vouloir changer, seule la personne peut décider d’elle même de nous accorder plus de place dans sa vie. Une phrase d’un roman d’Agnès Ledig l’illustre particulièrement bien :

« Tu peux tendre la main à une personne, mais tu ne peux pas la sortir du trou dans laquelle elle s’enfonce si elle ne prend pas la main que tu lui tends. A moins d’y tomber avec elle, ce qui ne résout pas les choses. On est à deux au fond du trou, mais on est quand même au fond du trou. »

(je savais déjà ça, mais cette phrase illustre tellement bien l’idée qu’elle m’a permis d’en prendre plus conscience et donc je devais la partager) (ça vient du livre Juste avant le bonheur) (Je ne sais pas si je vous le conseille, car la moitié de l’histoire est joyeuse et l’autre triste, donc à vous de voir… – TW : décès)

L’idée de « et si » génère beaucoup, beaucoup d’espoir. C’est une chose qui fait tenir la relation, qui l’entretient, de se dire qu’avec de la patience, cela peut changer… Et donc c’est difficile d’accepter que non ça ne changera jamais rien… Mais il faut savoir se résigner, déposer les armes, (partir), redevenir nous même, et enlever ce sentiment de responsabilité et de culpabilité…

Car on mérite mieux que de se donner du mal et d’user notre énergie pour une personne qui en fait mauvais usage, pour une personne à qui cela n’apporte rien de positif. D’autres personnes sauraient tirer du positif de cette énergie, et surtout d’autres personnes pourraient nous apporter des choses positives.

D’ailleurs, N. n’a pas confiance en lui, et il contre ce manque de confiance en rabaissant et en dénigrant les autres. Ce que je trouve fort dommage car c’est un cercle vicieux qui éloigne les gens de lui et qui donc entraîne encore moins de confiance en lui… J’ai longtemps voulu l’aider à avoir plus confiance en lui, mais une amie m’a dit une chose très juste « ce n’est pas forcément la meilleure manière, mais chacun choisit son chemin pour aller mieux. » Et donc il a choisi son chemin, et quoique je fasse, quoique d’autres personnes fassent, personne ne pourra l’y détourner tant qu’il n’aura pas envie lui même de changer…

Conclusion :

« Ne perdez pas de temps à taper sur un mur en espérant le transformer en porte » (Coco Chanel)

(cet article est un peu décousu et n’a pas de réelle conclusion mais ce sont des prises de conscience importantes sur les relations que je souhaitais partager avec vous :) )

PS : En fait je me rends compte qu’il faut que je fasse le deuil de cette pseudo amitié, parce que maintenant que c’est apaisé et que j’ai réussi à prendre de la distance, je me rends compte qu’il ne m’apporte plus grand chose. Je partage occasionnellement des choses avec lui, mais vraiment ce n’est pas profond et c’est peu significatif. Mais autant avant j’acceptais qu’on arrête de se parler parce que c’était tendu entre nous et ce n’était pas un contexte épanouissant, ni sain. Mais maintenant, la seule chose qui nous éloigne c’est le fait que finalement… on n’a pas grand chose à partager, qu’il y a trop de barrières entre nous pour que cela soit une amitié constructive et intéressante, et j’ai du mal à l’admettre, qu’en fait, après toutes ces années, toutes ces tensions, toutes ces prises de tête, tous ces espoirs, toutes ces discussions, après tout ça, ben en fait l’éloignement se fait de lui-même, et juste voilà. Et le « juste voilà », il est un peu compliqué à accepter…

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