En vrac

J’avais envie de mettre à jour mon blog sur ma situation actuelle, mais je n’ai pas de quoi faire un article entier sur un thème, donc voici des nouvelles diverses et variées sur ma vie actuelle :

Vue sur la plaine d’Alsace featuring les Alpes en arrière plan (peu visibles malheureusement…)
  • Je suis en Alsace depuis 8 mois, et je suis contente d’être dans une nouvelle région. Je me rends de plus en plus compte qu’habiter dans une nouvelle région, ce n’est pas seulement découvrir une nouvelle ville, c’est découvrir tout un nouvel environnement. Je ne savais rien (ou presque) de l’Alsace avant d’arriver ici, je n’avais aucun point de repère, et j’ai donc tout à découvrir. Apprendre à me repérer à Mulhouse et dans sa périphérie, apprendre les villes et villages qu’il y a dans les alentours, apprendre la géographie de la région, les endroits à fréquenter dans la ville… Et puis surtout je n’ai pas grandi ici, donc je n’ai pas de souvenirs que les autres ont. Si j’entends parler de collège ou lycée, cela ne m’évoque rien, car ce n’est pas ici que j’ai fait ma scolarité. Bref, je ne connais rien à cette région, j’ai tout à apprendre, c’est un peu déstabilisant de se retrouver dans un univers plutôt inconnu, et j’aime beaucoup en fait.

  • Je ne suis pas partie en Allemagne comme j’avais le projet de le faire après mes études, et ce n’est pas prêt de se réaliser avant quelques années. J’aurais eu l’opportunité de le faire là, puisque je me suis retrouvée sans engagement après avoir quitté mon ancien travail, mais je n’avais ni l’énergie ni le moral pour me retaper ENCORE un déménagement, ENCORE un nouvel endroit à découvrir. Donc je n’ai pas cherché à partir, à aller ailleurs en recherchant un autre travail. Cela met donc mon projet de vie à l’étranger entre parenthèses pendant quelques années, mais en fait je l’accepte plutôt bien. Je l’accepte parce que je suis malgré tout dans un environnement relativement germanophone, puisque l’Allemagne et la Suisse sont à moins de 30 minutes de Mulhouse, et franchement j’apprécie énormément ça, de pouvoir aller aussi facilement dans ces deux pays. Et puis, je peux écouter la radio allemande dans ma voiture, et rien que ça, c’est le kif absolu.

Vue sur les Vosges depuis le Hartmannswillerkopf, un champ de combat de la première guerre mondiale, où les tranchées et fils de barbelé sont encore visibles!
  • Et en plus, j’ai finalement retrouvé un travail ! Et c’est un travail dans un cabinet qui travaille avec des clients allemands et suisses, donc je vais utiliser l’allemand dans mon métier, et je suis ravie car c’était mon objectif ! C’est pour cela que j’ai déménagé en Alsace, et je suis contente que ce projet ait porté ses fruits. Je suis vraiment contente d’avoir trouvé ce poste, même si je vais faire des tâches que je n’ai jamais vraiment apprécié dans mes anciennes expériences… Mais là le contexte sera différent, c’est un poste qui m’ouvrira des opportunités d’avenir intéressantes, et je serai dans un contexte germanophone. Je me suis rendue compte que je ne pouvais pas exercer tout de suite le métier qui m’intéressait vraiment, qu’il fallait que je commence par la base, et ce poste va me permettre de le faire. J’ai beaucoup, beaucoup, réfléchi pendant ma période de recherche d’emploi, et j’ai eu un déclic en lisant cette phrase : « La liberté n’est pas de faire ce que tu aimes, mais d’aimer ce que tu fais. » Cette phrase est discutable, mais elle m’a parlé. Et je me suis rendue compte que je pouvais accepter de faire des tâches que j’aimais moins, mais qui avaient un sens dans un contexte plus global. Donc je vais voir comment je vais vivre ce poste, si je me trompe totalement ou pas…

  • Je suis donc dans une nouvelle ville, et qui dit nouvel environnement, dit réseau à reconstruire… Je ne connais personne ici… J’ai sympathisé avec une ancienne collègue, mais c’est une stagiaire qui part dans deux semaines, donc bon… Donc je suis tout à fait seule à Mulhouse. Et vous savez quoi, je le vis plutôt bien en fait. L’année dernière, j’ai été au chômage aussi, et j’avais très peur de me retrouver toute seule toute la journée sans avoir personne à qui parler. C’est pour ça que j’étais contente d’être en couple, et que j’ai eu du mal à accepter de quitter mon ex. Et ironie de la vie, cette année je me suis retrouvée au chômage, et j’étais célibataire ET EN PLUS j’étais dans une vie où je ne connaissais personne ! Et pourtant, je l’ai très bien vécu. Je me suis rendue compte que les peurs n’étaient parfois que des peurs… Je ne sais pas trop encore comment je vais sympathiser avec des gens… Je fais des sorties organisées sur le site On va sortir, j’aime beaucoup, mais je ne sais pas si cela va me permettre de sympathiser avec du monde. On verra, mais bizarrement je suis plutôt sereine et en confiance, je sais que les choses vont bouger petit à petit, même si ça risque de prendre du temps…

Coucher de soleil sur les cigognes d’Alsace :)
  • Je me rends compte aussi, quasiment un an après la rupture avec mon ex, que je n’ai toujours aucune envie d’être en couple, et que je n’ai même aucune envie de me faire approcher par un mec. Je me braque si un mec m’approche, a envie de plus me connaître, parce que ma dernière relation a été en fait assez éprouvante. Mon dernier mec essayait d’aller à l’encontre de ce que j’étais, et je n’ai pas envie de revivre ça, de prendre le risque de revivre ça. De devoir lutter en permanence pour affirmer qui je suis, de devoir accepter des choses que je ne fais pas seule… Enfin bref j’ai un bel équilibre seule dans ma vie, et je n’ai pas envie qu’il soit brisé par une intervention extérieure. Donc bref, cela passera quand je ferai une rencontre qui me donnera envie de le briser, mais je me braque très facilement pour le moment.

  • Et j’en ai écrit pas mal pour le moment, donc je vais m’arrêter là :)

Les migrants.

Dernièrement, j’ai vu le documentaire « La mécanique des flux« . Il montre la situation des migrants, et je souhaite consigner ce que j’ai vu car c’est un sujet important, mais pour lequel je me sens impuissante, pour lequel on est tous et toutes plus ou moins impuissant-e-s.

Le film commence avec la police de contrôle des frontières en Croatie. Les policiers surveillent les frontières pour découvrir et arrêter les migrants. Ils se déplacent sur le terrain, mais regardent aussi des caméras de surveillance, des caméras thermiques, qui permettent de voir précisément des humains pendant la nuit. Ainsi, il est difficile d’échapper à leur regard. On peut voir des groupes de personnes passer, des parents avec leurs enfants… Le contrôleur nous dit :

« Ce sont des gens qui fuient la guerre. Ils fuient seulement la guerre. »

« Mais on fait notre job. »

Cette phrase m’a interpellé, parce que oui ils font leur job, mais est-ce un travail qui rend service aux humains, qui leur apporte quelque chose de positif ? Comment peut-on vivre sereinement en arrêtant des gens qui « fuient seulement la guerre »? Et je me suis demandée, pendant la seconde guerre mondiale, beaucoup de gens ont fuit les exterminations en allant dans des pays où ils étaient plus en sécurité, en franchissant des frontières. A cette époque, il n’y avait pas de caméras thermiques. Mais si cela avait été le cas ? Des films sont faits sur les histoires de juifs ou de tsiganes qui ont pu échapper à la mort grâce à leur fuite dans un pays en paix, et nous nous réjouissons que ces personnes ont eu la vie sauve, mais les gens qui vivent dans un pays en guerre actuellement, ont-ils eux la chance d’aller dans un pays qui les accueillent pendant que chez eux c’est en guerre ? Ce motif empêche-t-il les autorités de renvoyer les migrants chez eux ? Ce motif rend-il les migrants plus acceptables dans les pays où ils atterrissent ?

On voit ensuite des migrants parler de ce qu’ils ont vécu. Ils expliquent que chez eux, c’est la guerre, chez eux, c’est la famine, et ils ne peuvent pas rester dans leur pays, parce que s’ils restent, ils vont mourir. Et que peu importe s’ils meurent pendant leur périple, parce qu’ils se considèrent déjà comme morts. Et une personne déjà morte peut-elle avoir peur de la mort ? Pour eux, le seul choix possible, c’est partir. Ils savent que leur périple peut échouer, tout comme il peut réussir. Et s’ils réussissent, s’ils ont la chance que cela réussisse, ils se percevront comme des héros (je crois, je ne sais plus si c’est exactement cela qu’il a dit), et cela fera une belle histoire à raconter.

Des autres ont raconté leur périple pendant qu’ils traversaient la Méditerranée à bord d’un bateau surchargé. L’un d’eux s’est retrouvé dans un bateau où l’électricité ne marchait plus. Il n’y avait plus de lumière, ils ne pouvaient plus avancer. Par chance, ils ont croisé un bateau de militaires. Les militaires se sont arrêtés, mais ils ne pouvaient rien faire pour eux à part les prendre à bord. Mais ils pouvaient difficilement s’approcher du bateau des migrants à cause des vagues, ils risquaient de le renverser. Ils ont finalement décidé de partir et de les abandonner à leur sort, au milieu de la mer. Ils ont décidé de les abandonner au milieu de la mer, sans leur donner de possibilité de sortie. Finalement, ils ont croisé un bateau qui leur a donné de l’essence et ils ont pu naviguer jusqu’à une ville, après trois jours de navigation, sans eau, en étant serrés les uns contre les autres.

Un autre bateau a croisé un navire de gardes côtes grecques. Mais au lieu de les aider, les gardes côtes les ont insulté « fuck you » et leur ont dit de partir « get away ». Ils ont même percuté le bateau des migrants avec leur navire, à plusieurs reprises, ce qui a fait un trou dans le moyen de transport des migrants, et ce qui a amené celui-ci à se retourner. Des personnes sont mortes, et deux familles ont pu en échapper, car les gardes côtes les ont finalement pris à bord. Ils les ont pris à bord parce qu’un navire de gardes côtes turcs se rapprochaient d’eux.

Ensuite, un camp de détention en Grèce (je crois) est montré. Dans ce bâtiment, ils entassent les migrants dans des pièces dont ils n’ont pas le droit de sortir. Ils sont enfermés là dedans et ne peuvent même pas sortir dehors prendre l’air. Ils restent toute la journée écrasés les uns contre les autres. Ils sont entassés les uns contre les autres.  Et ils restent là dedans toute la journée, toute la nuit, tous les jours, sans avoir le droit d’en sortir.

Des images de migrants qui font la grève de la faim sont ensuite montrées. Pour exprimer leur volonté de ne plus se nourrir et de protester, ils se sont cousus la bouche. Ce n’est pas une image. Ils se sont cousus des fils pour qu’ils ne puissent plus ouvrir entièrement la bouche. Je ne sais pas ce qui les a mené à ce choix extrême, mais des migrants ont fait/font la grève de la faim pour protester contre leur condition.

Des migrants afghans témoignent ensuite. Ils vivent dans une usine désaffectée depuis deux ans. L’un d’eux dit :

« C’est la guerre chez nous, je ne pouvais pas rester. »

« Mais je suis né pour être un bon médecin ou un bon ingénieur. Pas un bon combattant. »

A la fin du film, un Africain s’exprime. Pour lui les migrants ne sont pas la cause de la crise économique en Europe. S’ils travaillent, s’ils perçoivent un salaire, s’ils s’intègrent dans la société, s’ils payent des impôts, alors eux aussi ils contribueront à la société, eux aussi ils contribueront à la croissance. Il explique que l’Afrique est vue comme une terre où l’Europe, les Etats Unis peuvent s’enrichir. Les entreprises d’armement contribuent aux guerres qu’il y a là bas en fournissant les combattants. Si cent Africains meurent, qu’est ce que cela peut faire tant qu’une personne européenne ou américaine s’enrichit ? L’Europe et l’Amérique ont tout à gagner que l’Afrique reste pauvre, car cela leur permet de faire des cultures pour ensuite nourrir le bétail des Occidentaux, pour ensuite nourrir les Occidentaux à faible coût. Même si cela fait monter le coût des céréales pour les locaux, qui ne peuvent ensuite plus l’acheter pour se nourrir eux-mêmes. Les ressources africaines sont fortement convoités par les Occidentaux, et l’instabilité de ce continent s’explique notamment par leur influence.

Mais tous ces gens qui fuient, qu’est ce qu’on en fait aujourd’hui ? Mais nous qu’est ce qu’on peut faire pour influencer positivement la situation et pour la réduire ?

Ce film me perturbe beaucoup parce que cette situation me révolte, et je me sens impuissante. Les migrants sont considérés comme des sous-humains indésirables en Europe.

Je pense à quelques pistes qui peuvent aider :

  • voter (ou ne pas voter) : Le pouvoir politique a une influence sur la façon dont les migrants sont accueillis/rejetés dans le pays, et on peut agir sur les représentants qui sont en place.
  • consommer différemment : on ne s’en rend pas compte, nous qui avons tout à portée de main dans nos magasins, mais la production de certains aliments a un impact fort sur les populations locales. Il est possible de se détourner de ces aliments, ou de diminuer leur consommation, ou de choisir de consommer de manière responsable, car ils maintiennent les populations dans la pauvreté, ils leur prennent leurs ressources et ne leur permettent pas de se développer véritablement.
  • faire du bénévolat si possible, ou partir faire du bénévolat dans des pays qui en ont besoin. Mais il faut alors se renseigner sur la structure en place, car il est facile de croire que le bénévolat que nous faisons aide la population en place, mais des personnes parviennent à en tirer profit, et elles créent finalement encore plus de difficultés et de pauvreté dans le pays en question. Toujours bien se renseigner.
  • ne pas contribuer au climat de peur en répandant de fausses informations.

Je sais que les migrants sont un sujet sensible, mais je crois qu’il est important de se rappeler que ce sont avant tout seulement des humains, comme vous et moi, qui fuient des conflits dans leur pays, dans l’espoir de trouver une vie plus accueillante et plus douce…

Voir aussi : Une semaine avec les migrants à Calais.