Et si je n’étais pas à ma place ?

J’ai commencé ce nouveau travail il y a bientôt 5 mois, je suis toujours en période d’essai, et il faut reconnaître que… cela se passe mal. Très mal je dirais même.

On est actuellement dans une période où il y a BEAUCOUP de travail (il faut travailler les soirs en rentrant chez soi et même parfois les week ends), et on subit beaucoup de pression car les délais sont courts. Cela laisse peu de temps pour se ressourcer, autant physiquement que mentalement. Et je commence à avoir du mal à tenir. Je sais malgré tout que je peux travailler beaucoup, que j’ai une forte capacité de travail, et j’accepte d’avoir à beaucoup travailler, ça fait partie du jeu, c’est une période dans l’année qui est comme ça. Même si cela me travaille beaucoup, car consacrer une très grande partie de sa vie ne fait pas partie de mes valeurs, loin de là… Très loin de là…

Mais ce que je n’accepte absolument pas, c’est de recevoir des remarques sèches de mon manager. C’est la première fois que j’exerce ce métier, et les études ne forment pas pour le faire. Il n’y a personne pour me former, mes collègues qui sont là depuis un an et quelques n’ont pas le temps de le faire, et mon manager non plus. Je me forme donc seule avec les travaux qui ont été faits il y a un an… Mais mon manager est très exigeant et je devrais être performante tout de suite. Or je ne le suis pas, car il faut du temps pour apprendre à s’organiser efficacement et pour apprendre à quoi et comment le faire tout simplement… Je ne suis donc pas du tout dans un contexte épanouissant. Je ne suis pas incitée à être en confiance et à évoluer dans un contexte serein…

Mais encore s’il n’y avait que ça… Je travaille en équipe, c’est à dire que l’on est toute la journée autour d’une table et que si l’on fait nos travaux dans notre coin, on est toujours ensemble. Je ne savais pas si cela allait me convenir, donc j’ai essayé. Et il s’avère que cela me plaît assez bien en fait. MAIS cela ne convient pas aux autres… Mes collègues ont du mal à travailler avec moi car je suis « trop renfermée, pas assez avenante ». Il est vrai que je suis dans ma bulle pour me concentrer. J’ai appris cette semaine qu’une collègue évitait de me parler car elle « ne supportait pas mes réponses », et donc en évitant de me parler, elle m’évite…  On m’a reproché de ne pas assez parler aux autres, de ne pas être assez ouverte avec les autres collègues de mon entreprise, avec lesquels je ne travaille jamais. Mais je ne suis pas à l’aise avec elles car je ne les connais pas, et mon travail me prend déjà beaucoup d’énergie, je suis déjà avec des collègues toute la journée, je n’ai pas envie en plus pendant les pauses d’utiliser mon énergie pour parler à des gens dont je m’en fiche… Mais c’est ce qu’on me demande. Je me pose alors la question, est-ce que je suis vraiment à ma place en travaillant dans une entreprise comme celle-ci?

Ces trois points font que beaucoup de choses se cumulent et que je ne suis pas bien au travail en ce moment (pas bien du tout). Je n’avais pas envie de partir car je suis contente de faire ça, c’est ce que je voulais faire, et je ne sais pas du tout ce que j’ai envie de faire sinon, et parce que si je pars, cela aura été un échec. C’est avouer que c’est un échec, et ce n’est pas évident. Mais les semaines passent, et je m’en fiche de plus en plus. La chose que je vois de plus en plus c’est que je serais beaucoup mieux loin de toutes ces pressions infernales, loin de ce contexte qui ne me convient pas… C’est peut être un échec, mais c’est une expérience que je suis très contente d’avoir vécu car elle m’a apporté beaucoup sur la connaissance de moi et parce qu’elle m’a permis d’expérimenter un métier… Même si elle m’a amené dans une ville que je ne connais pas, où je ne connais personne.

Je ne suis pas du tout encore partie, il faut que j’en discute avec mes responsables… et ce n’est pas rassurant. Mais je pense à un article du magazine Flow, qui dit qu’il faut savoir arrêter parfois de persévérer, que persévérer, c’est parfois s’enfoncer dans une voie qui ne nous convient pas, que parfois arrêter, dire stop, c’est être au début d’une nouvelle aventure qui apportera beaucoup plus et qui sera beaucoup plus épanouissante… Il faut seulement réussir à le faire, à franchir cet ultime obstacle…

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10 commentaires sur « Et si je n’étais pas à ma place ? »

  1. Ce n’est pas un échec. Ce ne sera jamais un échec. Tu t’es enrichi. Tu as appris, et même sur tes propres limites. Suis ton intuition. Si ce poste n’est pas fait pour toi, tant mieux. Néanmoins, si tu estimes vouloir rester : sois douce avec toi même, essaies de limiter les heures supplémentaires, poses tes limites. Quoiqu’il en soit, tu as la réponse. Bises

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    1. Le problème c’est que ce poste ne permet pas d’être doux avec soi même ^^ il faut que le travail soit fait dans les temps, et si tu travailles pas assez tu te fais engueuler… Je rêve de travailler moins mais je ne peux pas, je devrais même travailler plus mais j’ai juste pas les ressources physiques et mentales pour le faire…
      Merci beaucoup pour ton commentaire, tu as bien raison! Bises à toi

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  2. Ne reste pas si ce poste ne te convient pas. Penses à toi et à ton bien-être.

    Un travail pour lequel tu pars tous les matins la boule au ventre, la crainte de te faire engueuler .. Ou tu n’as pas des relations top avec les collègues et ou les supérieurs te mettent trop la pression … Ou tu dois travailler toutes les heures de ta journée, même en rentrant chez toi … Ce n’est pas un poste sain.

    Réfléchis-bien, mais si au terme de 5 mois c’est toujours aussi difficile, ce n’est pas parce que tu n’as pas réussi, c’est parce que le poste est trop exigeant et qu’il ne te correspond pas.

    Ne te rends pas malade. Je l’ai vécu et j’ai terminé en envoyant tout péter, j’étais très proche du « burn-out ». J’ai vu des collègues vivre un vrai burn-out et je le sentais venir. Ils décrivaient exactement ce que tu décris. Ils tenaient bon et puis un jour, ils n’ont plus pu poser un pied dans l’entreprise sans trembler ni pleurer.

    Ce serait dommage :).

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  3. Je ne sais pas ce que tu fais mais il est clair qu’il y a un malaise ma belle. Je trouve les commentaires de ton patron – tes collègues très déplacés. Tu es comme tu es. C’est encore difficile aujourd’hui de faire sa place dans le milieu du travail où les gens ont toujours un avis sur toi et voudraient que tu te comportent comme eux.
    Si aujourd’hui faire toutes ces heures te convient et si tu penses que ce travail est vraiment ce que tu aimes, fais un test sur 3/4 mois. Si ton ressenti reste le même, alors le mieux est peut-être de chercher ailleurs.
    Et je rejoins les commentaires précédents, rien n’est un échec. Tu as essayé et rien que pour ça tu peux être fière de toi. Il faut parfois plusieurs essais avant de trouver la voie, le poste qui nous convient.
    Je t’embrasse et bon weekend.

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    1. Merci beaucoup Marie! Je ne sais pas si faire autant d’heures me convient car j’ai du mal à tenir le rythme au niveau mental et physique… Et les conditions ne sont plus réunies pour que j’apprécie ce que je fais… Je pourrais aimer, mais les conditions font que je n’aime plus vraiment… Merci pour ton commentaire, bon week end à toi aussi !

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