Les mécanismes de l’emprise

Même si j’ai arrêté de discuter avec N. dernièrement, j’ai encore du mal à être neutre vis à vis de lui. Je revis les mêmes choses que j’ai toujours vécues avec lui. Sauf que cette fois je ne veux pas que cette emprise et ce négatif reviennent dans ma vie. J’arrive donc à prendre du recul pour analyser et me rendre compte du pourquoi à chaque fois qu’on se parle il prend beaucoup trop de place dans ma vie et pourquoi je suis son emprise. Je remercie d’ailleurs Rozie qui m’a aidé à prendre la décision d’arrêter de discuter avec lui. Je me suis rendue compte que même si on sait très bien que non, ce n’est pas une bonne idée de discuter avec des gens comme ça, c’est bien plus difficile d’arrêter. Bien plus difficile… C’est donc important de ne pas rester isolée et de ne pas hésiter à en discuter avec des personnes de confiance qui pourront vous aider.

Voici donc certains mécanismes de l’emprise :

  • La solitude et le manque affectif te feront tomber dans ce piège : Ah oui, ça ils savent bien s’y prendre pour nous faire tomber dans leur piège… Avec des petits mots doux utilisés régulièrement (« ma belle », « ma toute belle », « princesse », des « tu m’es essentielle », et même des « je t’aime » (au tout début de nos rapports)), histoire de donner une sensation de proximité et de donner un sentiment d’être privilégiée. Et comme on manque d’amour, d’affection, que l’on se sent seule, c’est facile de tomber dans le piège de personnes qui a priori peuvent nous apporter l’affection dont on manque.
  • Le manque d’amour de toi et le manque de confiance en toi seront aussi des clés : quand on est contact avec une personne comme ça, elle prend toute la place dans notre vie. Il occupe toujours nos pensées, à nous faire réfléchir à ce que l’on pourrait faire pour que cela se passe bien, à si on a mal agi, à pourquoi il est plus froid, à ce que l’on pourrait faire pour attirer son attention, pour qu’il s’intéresse à nous… Et dans tout ça, on oublie de penser à nous, on se détourne de nous. C’est intéressant de se détourner de soi quand on n’a pas confiance en soi et que l’on ne s’aime pas. De plus, on peut penser que l’on ne mérite pas mieux qu’une personne comme ça, qu’une relation équilibrée et heureuse n’est pas pour nous…
  • Le mystère qu’il entretient te donnera envie de persister et d’en savoir plus : Même s’il ne s’intéresse pas vraiment à toi, il refuse de parler de lui. Il laisse passer quelques informations par ci, par là, mais sinon il refuse de dire ce qu’il fait, il refuse de dire quel est son travail, il refuse de dire beaucoup de choses. Et c’est frustrant. Très frustrant. Et cette frustration incite a continuer de lui parler, en espérant un jour percer le mystère. C’est difficile d’abandonner et d’accepter que, non, on n’en saura pas plus. J’ai trouvé dernièrement son profil Linkedin (et c’est justement pour ça que ça me soûle profondément d’avoir un profil Linkedin), et oh miracle, j’ai enfin pu découvrir quel était son travail. (et ce n’était pas du tout ce que je pensais) Et bizarrement, ça m’a apaisé d’en savoir (un peu) plus sur lui, et j’ai moins eu envie de discuter avec lui. C’est là que je me suis rendue compte que la frustration de ne pas pouvoir en savoir plus était un moyen de créer un piège et d’inciter à continuer à discuter.

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  • L’espoir que ça se passe mieux plus tard te donnera envie d’y croire, de l’aider, de chercher des solutions et de continuer : Bien sûr, comme la situation n’est pas satisfaisante, on imagine que cela ne peut que s’améliorer. On essaie de s’adapter à lui pour lui convenir, pour qu’il s’ouvre un peu plus à nous. Et ces personnes ont toujours des problèmes et cela sera une mission pour nous de les aider à les résoudre. Dans son cas, il n’a pas confiance en lui, et le développement personnel étant un sujet qui m’intéresse particulièrement, j’ai réfléchi à comment l’aider pour le soutenir, pour qu’il gagne confiance en lui…. Il est surdoué, et j’ai même lu un livre sur ce sujet pour mieux le comprendre, dans l’espoir d’améliorer nos rapports et de l’aider. (Quelle perte de temps) J’ai failli retomber dans ce piège dernièrement, l’espoir de l’aider et que cela aille mieux… C’est aussi un moyen de nous valoriser, de se dire que l’on aide quelqu’un. Parler avec une personne comme ça, c’est faire rentrer les « si » dans sa vie. « Si j’étais comme ça », « si je n’étais pas jalouse », « si je ne lui pose pas de questions »… Que de « si » qui induisent un espoir que cela peut se passer mieux plus tard, et qui sont très piégeants.
  • La culpabilité t’accompagnera : Ce qui m’a empêché de l’envoyer se faire foutre d’arrêter de lui parler en 2013, c’est la culpabilité. Culpabilité d’arrêter de lui parler, car il m’appréciait et je ne pouvais pas lui faire ça. (même si lui ne m’aurait probablement pas recontacté) Et c’est la culpabilité car il nous en veut, et on veut améliorer les choses, ou car si on était comme ça, et si on faisait ça, et s’il avait raison, alors tout se passerait bien. On culpabilise d’être comme on est et de lui faire du mal.
  • Cette personne ne te laissera pas indifférente et les moments très agréables seront une chaleur, un souvenir enthousiasmant : Nos six premiers mois de contacts avec N. ont été très intenses. On s’entendait très très très bien, on était très proches, on délirait bien tous les deux, il était généreux avec moi bref c’était une belle période. J’ai ressenti beaucoup de choses pour lui à ce moment là (était-ce de l’amour ? il était exclu que cela soit plus qu’amical entre nous, donc la question restera suspens), et tous ces moments positifs sont restés. Ils sont restés avec l’espoir que un jour peut être on redeviendra proches. C’est un souvenir positif qui fait croire que cette personne peut redevenir comme ça plus tard, et qui entretient la nostalgie. Je me suis prise une grosse claque de nostalgie dernièrement, en me souvenant de manière inattendue de la générosité dont il avait fait preuve envers moi. Ca m’a fait mal quand j’ai vu la distance qu’il y avait entre nous maintenant, et je me suis dit que c’était vraiment une quête inutile. Une période positive comme ça reste un piège, car elle entretient l’espoir, qu’un jour, cela sera bien à nouveau… Alors que pas du tout.

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Je me rends compte vraiment de tous ces pièges maintenant. Mais quand on est impliqué dans une telle relation, c’est difficile de prendre de la distance, et d’arriver à se dire que oui, on mérite tellement mieux que d’avoir tout ce négatif dans sa vie. Tellement mieux… Et même quand on le sait, c’est difficile de vraiment s’éloigner de personnes comme ça. Ca fait 9 ans que je le connais, et à chaque fois qu’on se reparle, je retombe dans le même piège, et actuellement j’ai du mal à être neutre vis à vis de lui. Donc restez loin des personnes comme lui, vous valez mieux que ça :)

Je vous invite à lire les blogs de Rozie et de Marie qui parlent aussi de ce sujet :)

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7 commentaires sur « Les mécanismes de l’emprise »

  1. Tu décris très bien les choses et les mécanismes qui nous maintiennent en lieu avec ces persécuteurs. Une rupture franche et sans retour possible, voilà ce qu’il faut mettre en place. Je sais que c’est dur. Au début j’ai bien cru que j’allais en crever. Et puis il y a toujours ce fichu espoir que les choses changent, s’améliorent, qu’il change (grâce à nous, encore mieux). C’est un leurre mais une réalité difficile à accepter Illyria.
    J’ai mis près de 3 ans à être neutre, indifférente. Mais cela a impliqué que j’aille contre ma propre personnalité. Aujourd’hui je ne lui laisse plus de chance. C’est brutal pour les autres, qui ne comprennent pas toujours. Mais c’est vital et essentiel pour moi et mon fils. Je me suis trop perdue dans cette histoire.
    Ne plus lui parler, ne pas le revoir, couper les ponts c’est ta seule chance de t’en sortir et de reprendre les rênes de ta vie, sans culpabilité et sans regret aussi.
    Courage tu avances bien ma belle. Tu vas y arriver. Tu verras la libération a un goût sucré très agréable!
    Je t’embrasse.

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    1. Merci beaucoup Marie! Tu as bien raison de couper les ponts et de ne plus lui laisser de chance, peu importe si les autres ne comprennent pas, c’est toi et ton fils qui comptez!
      Oui j’avance et j’en suis très contente, ça fait tellement de bien de vivre sans aucune emprise toxique! Je te félicite pour le chemin que tu as parcouru depuis 3 ans!
      Je t’embrasse

      Aimé par 1 personne

  2. Ce qui m’étonne toujours que je lis ces histoires de manipulation, ce sont toutes les similitudes absolument frappantes que les manipulateurs ont entre eux. C’est logique. Mais ça chaque fois, ça me marque.
    Je suis intimement persuadée que D. était « surdoué ».

    Comme le dit Marie, tu décris très bien le mécanisme de l’emprise. Manque, mystère, premiers instants intenses, espoir et mésestime de soi … C’est terrible.

    Je suis très heureuse d’avoir participé à ta décision qui sera, j’en suis sûre, salvatrice ! Le meilleur moyen d’arrêter, c’est de couper les ponts définitivement. C’est très dur, surtout au début. Mais c’est la bonne solution. Tu es sur la bonne voie !

    Merci beaucoup pour les liens, ça me fait plaisir :) !

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    1. Merci à toi aussi Rozie! Oui tu as absolument raison, le meilleur moyen d’arrêter, c’est de couper les ponts définitivement. Il ne m’a pas du tout manqué ces deux dernières années où on ne s’est pas parlé ^^
      Et c’est fort possible que D. soit surdoué, non pas que toutes les personnes comme ça soient surdouées, mais ils savent bien manipuler et ne pas montrer leur vrai visage… (c’est même difficile pour les psys de les percer à jour s’ils ne connaissent pas leur psychologie ^^)

      Oui ces attitudes sont des points communs, et je me demande d’ailleurs s’ils ont conscience de ces attitudes, s’ils le font consciemment ou si c’est juste une façon de fonctionner pour eux.

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      1. Je pense qu’ils n’en ont pas conscience. Ou alors qu’ils sont dans un violent déni de la réalité. C’est une façon pour eux de se protéger, je crois. … J’ai un peu de mal à le comprendre complètement. Comment peut-on ne pas se rendre compte, et ne pas voir qu’on fait horriblement souffrir l’autre ?
        Même quand ils font des choses horribles, il se justifient et se croient en leur total bon droit. Ca me laisse .. Bouchée bée.

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  3. Couper les ponts oui… mais c’est mission impossible quand on a 3 enfants en commun… Je sais d’avance que si l’on se sépare vraiment, il va continuer ses manipulations et son emprise en se servant des enfants…

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    1. Oui en effet c’est difficile quand on a un ou des enfants avec de telles personnes. Mais pour autant il ne faut pas rester par peur de ce que la séparation peut entrainer. C’est mon avis.Je sais à quel point c’est dur. Je suis passée par là. Il va certainement continuer mais peut-être que si tu te fais aider, tu trouveras les mécanismes pour faire face à sa manipulation et dépasser l’emprise qu’il a sur toi et tes enfants. Quand le manipulateur sent que sa victime lui échappe, il lâche prise. Pas d’un coup. Mais il lâche.
      Courage

      Aimé par 1 personne

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