Neuf mois de chômage : bilan

Demain est un grand jour : je reprends le travail après neuf mois sans activité professionnelle. Il est donc temps de partager avec vous mes ressentis sur comment j’ai vécu cette période, et ce qu’elle m’a apporté.

  • Une période pour prendre du recul

J’ai fait le choix de ne pas chercher du travail pendant mon contrat d’apprentissage et donc de ne pas enchaîner directement fin de mes études et nouveau travail, car j’avais besoin de prendre du recul sur l’activité professionnelle que je voulais exercer, et j’avais besoin de repos après ces études bien intensives… Et je suis vraiment très contente d’avoir fait ce choix, car cela m’a permis d’être plus sûre de mes choix, et de reprendre de l’énergie. Je suis donc prête pour ce travail intensif (nombreuses heures de travail + déplacements) qui m’attend, même si j’avoue que rentrer dans un tel rythme ne me rassure pas vraiment, on verra comment je vais le vivre.

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Source : Photo of a day – National Geographic
  • Chômage = vacances ?! 

Sachez le, je ne me suis jamais autant mis la pression que pendant cette période. Justement à cause de cette image, « les chômeurs sont des glandeurs, et ils sont en vacances, ces privilégiés et profiteurs de la société ». Je voulais donc que ma journée soit productive, et j’ai rarement relâché la pression la semaine…  J’avais aussi conscience que, normalement, je n’aurai pas à nouveau la chance d’avoir une aussi longue période sans activité professionnelle, et je voulais être sûre de bien utiliser cette période, de bien la rentabiliser, de ne pas avoir de regrets. J’avais donc du mal à m’accorder des temps de repos, du temps où ne rien faire… J’avais même parfois envie de retravailler pour pouvoir, justement, relâcher la pression, et pouvoir rentrer chez moi le soir sans avoir à culpabiliser et à me demander « est-ce que cette journée a été productive ? » Je me suis réveillée plusieurs fois très tôt le matin, à cause de cette pression de plein de choses à faire justement…

J’ai fini par relâcher la pression le soir parce que je me suis rendue compte que travailler engendrait du stress (« j’aurais dû plus travailler, je ne serai jamais prête pour mon travail »), et j’ai profité de mes soirées. Mais il y a seulement le week end où je m’autorisais à ne rien faire de productif.

Donc si j’ai un conseil à vous donner, c’est : ne faites pas comme moi. Profitez du temps libre accordé par cette période pour faire des choses que vous ne faites pas habituellement : faire des sorties culturelles, se promener, découvrir sa région, prenez le temps, faites du sport, lisez ou toute autre chose que vous aimez faire.

  • Le chômage & la solitude

Une des choses les plus difficiles dans le chômage, c’est le fait d’être seule toute la semaine chez soi, sans avoir de raison de sortir. C’est assez pesant et ennuyant à force. Pour mieux vivre cette période, j’ai fait du bénévolat (soutien scolaire auprès de jeunes en difficulté), et j’ai fait du sport (dans un club de sport). Cela me permettait d’être en contact avec des personnes et me donnait une raison de sortir de chez moi. Bien sûr, je voyais aussi mes amis et ma famille. C’est important, il ne faut pas s’enfermer sur soi sous prétexte que l’on n’a pas d’activité professionnelle.

  • Une période pour faire ce qu’on n’a pas le temps habituellement

J’ai découvert la méditation fin 2014, mais je n’arrivais pas à faire en sorte que cela devienne une habitude, voire une part de ma routine. Je méditais deux trois fois tous les mois, pas plus. Je n’ai pas spécialement envie de (prendre le temps de) méditer le matin, et le soir au vu du temps qu’il me restait avant de dormir, j’avais le choix entre deux choses : lire ou méditer. Et c’était bien souvent la lecture qui l’emportait. Or, en août, j’ai fait un programme de méditation sur l’estime de soi, et pour que cela ait des effets, le mieux est de faire un exercice tous les jours. Je l’ai donc fait, profitant du temps que j’avais. Et j’ai pu me rendre compte des bienfaits de la méditation, c’est devenu quelque chose en quoi j’accorde de l’importance, qui me fait vraiment du bien. Je compte donc bien continuer à méditer malgré mon travail, à trouver un moment pour le faire dans la journée. Même si cela donne de l’énergie et améliore le moral dans la journée, je préfère le faire le soir car cela fait une coupure bienfaisante entre la journée et le moment de dormir.

Je donne la méditation comme exemple car c’est ce que j’ai expérimenté, mais à vous de trouver quelle habitude de vie ou quel loisir vous aimeriez intégrer dans votre routine de vie, mais qui ne trouve pas sa place à cause des exigences de la vie de travail. J’en ai aussi profité pour faire de la calligraphie tous les jours ou presque en septembre, et je me suis rendue compte des bienfaits que cela avait sur moi, je compte donc bien continuer à le faire régulièrement.

Source : Photo of a day - National Geographic
Source : Photo of a day – National Geographic
  • Une période pour s’écouter

En période de chômage, on a rarement des obligations. Cela laisse donc la possibilité d’organiser ses journées comme on le souhaite et de faire les activités que l’on souhaite. Cela donne ainsi la possibilité d’avoir plus conscience de soi et de son rythme. Je me suis donc rendue compte de l’importance du sport, d’une activité physique et des bienfaits que cela avait. Je faisais de la danse quand j’étais en alternance, mais les jours où je n’avais pas sport, je rentrais chez moi le soir, bien heureuse de rentrer me mettre tranquillement devant mon ordi, et puis voilà. Mais à force d’être assise toute la journée, je me suis rendue compte qu’il était important d’écouter son corps. Lui aussi a besoin d’être pris en considération, et le faire bouger est important. Sortir prendre l’air, marcher pendant 30 minutes ou même faire du sport fait du bien,  car cela permet de se vider la tête et de ne pas penser à toutes ses préoccupations pendant ce temps là, et de profiter d’autre chose, de ce qui nous entoure, de sentir le soleil, l’air, la nature… Et on se sent bien mieux après.

Je me suis aussi rendue compte que j’aimais beaucoup prendre du temps le matin pour lire, savourer mon petit déjeuner, et j’aimerais beaucoup continuer à avoir du temps le matin avant d’aller au travail pour prendre le temps de faire des choses. Donc j’ai l’intention de me lever plus tôt (et donc de me coucher plus tôt) pour avoir ce temps à disposition, on verra si j’arriverai à le faire…

Cela invite aussi à s’écouter : de combien d’heures de sommeil avons-nous besoin pour être en forme le lendemain ? à quel moment de la journée sommes-nous la plus productive ? quel est notre rythme de travail ? (bon après malheureusement, le monde du travail s’en fiche pas mal de tout ça, mais quand on a la chance de pouvoir en prendre conscience, c’est plutôt précieux)

  • Une période pour redevenir créatrice de sa vie

Paradoxalement (ou pas), j’ai eu une conscience accrue des moments où je perdais mon temps lorsque j’étais au chômage. C’est les moments où on ne sait pas trop quoi faire, donc on ouvre une application, une page Internet, histoire d’errer quelque part et d’avoir quelque chose à faire… J’ai donc arrêté d’aller sur Instagram plusieurs fois dans la journée (pour ça, rien de plus simple, j’ai supprimé l’application de la page d’accueil de mon téléphone, comme ça j’ai perdu le réflexe d’aller dessus quand je regardais mon portable), et je me suis éloignée d’Internet. Je consulte Hellocoton moins souvent dans la journée, je lis moins de blogs, et mon activité sur Internet s’est fortement réduite. Une fois que j’ai fait le tour de ce qui je lis actuellement, je ne cherche pas à explorer autre chose, et je me lance dans une activité. Bien sûr, je continue à lire des blogs et à naviguer sur le net, car j’aime bien ces moments où je ne fais rien, mais le temps accordé y est moins important.

Justement parce que quand on travaille, on part du principe que tout notre moment passé pour notre métier a déjà été productif, et donc que c’est bon hein le soir, on a bien le droit de ne rien faire et de glander autant qu’on le souhaite. Mais en lisant, ou en regardant des films, des séries, la télévision, on est seulement spectateur, observateur et pas acteur de sa vie. On ne crée rien, on expérimente rien, or on se découvre en créant des choses et en expérimentant nos talents, notre personnalité. J’ai donc compris l’importance de faire des choses par soi-même plutôt que de se contenter d’observer ce que les autres font.

  • Conclusion

J’ai donc mis cette période à profit pour mieux me découvrir et pour apprécier certaines choses que je n’avais pas le temps de faire précédemment. J’espère pouvoir conserver ces habitudes qui m’apportent beaucoup et ne pas me faire emporter par le rythme de mon travail et la fatigue de celui-ci…

PS : il y a beaucoup de choses dont je m’en suis rendue compte pendant ma période de célibat, j’avais beaucoup moins l’occasion de m’écouter et d’être attentive à moi quand j’étais en couple, parce que c’était le  couple qui primait avec lui…

Et vous, si vous avez eu une longue période de non activité professionnelle, que vous a-t-elle apporté?

Source : Photo of a day - National Geographic
Source : Photo of a day – National Geographic