Ou comment combler le vide de sa solitude

La dépendance affective se manifeste seulement quand on est en couple? Oh non, bien sûr que non, pas besoin d’être en couple pour être dépendante affective, et je vais vous l’expliquer à travers mon expérience. Je suis une personne solitaire, avec peu d’amis et je ne suis véritablement proche de personne.

La solitude renvoie une image négative de soi

J’ai des contacts avec peu de monde, et dans cette solitude, il est facile de s’y perdre. La solitude renvoie une image négative de soi : tu as peu d’amis, les gens ne t’aiment pas, tu n’es pas digne d’être aimée, tu n’es pas intéressante, tu es ennuyeuse, tu ne fais pas rire les gens, non vraiment tu es vraiment une personne sans aucun intérêt. C’est pas forcément conscient, c’est une croyance qui s’imprime en soi lorsque l’on constate sa difficulté à sociabiliser et à être proche des gens. Avoir une telle image de soi ne pousse pas à s’aimer soi-même, loin de là. (Alors que bon c’est notre personnalité qui nous pousse à être comme ça, rien d’autre, ça ne remet rien en cause)

 Source : National Geographic - Photo of a day
Source : National Geographic – Photo of a day

Alors pour fuir ce vide, il est possible de se réfugier dans divers stratagèmes.

L’attirance des autres devient notre attirance

Dans ma vie amoureuse, j’ai remarqué à plusieurs reprises ma tendance à être attirée par une personne dès que celle-ci me manifeste des signes d’intérêt. Dans une telle solitude, où les personnes manifestent peu souvent des signes d’intérêt, où leur amour et leur affection ne sont pas ressentis tous les jours, il est alors facile de se précipiter dès qu’une personne nous montre qu’elle nous apprécie, et même mieux encore, qu’elle est attirée par nous et qu’elle envisage plus avec nous. Génial, une personne nous aime ! Cette chaleur que l’on ressent, cette joie nous amène à une méprise facile : c’est de l’amour, cette personne m’attire aussi. Alors que c’est plus de l’attirance, de l’attachement. Mais on n’en a pas conscience dans l’immédiat. On est heureuse, quelqu’un s’intéresse à nous, et c’est tout ce qui compte.

Mais bien évidemment, une telle attirance ne peut que s’altérer avec le temps. L’ennui finit par faire surface, ainsi que le manque de désir. La rupture est alors inévitable… (Sauf si on continue à se voiler la face) Et c’est ce qui conduit à multiplier les relations amoureuses, comme c’est le cas pour moi.

Des relations prenantes pour combler le vide de sa vie

Mais il est aussi possible d’être dépendant de quelqu’un sans être dans une relation amoureuse. Il suffit de trouver une personne avec laquelle on est « proche », mais avec laquelle la relation est conflictuelle, et non satisfaisante. Une personne dont on cherche désespérément à attire son intérêt, mais malgré tout ce qu’on fait, c’est un échec, la relation n’est pas une belle amitié comme on le souhaite. Et dans ce cas, cette relation occupe toutes nos pensées : que faire pour attirer son intérêt? Est-ce qu’il va me répondre? Est-ce qu’il m’apprécie? Est-ce que je n’en fais pas trop? Et autres questions du style, qui monopolisent notre esprit, presque entièrement tourné vers lui. C’est ce qui s’est passé avec N., une pseudo amitié qui a duré bien trop longtemps (histoire en 3 parties sur mon ancien blog : 1, 2 et 3) , et dans une moindre mesure avec un autre ancien ami, qui m’a beaucoup monopolisé aussi.

Je n’ai pas été en couple avec ces personnes là, mais leur présence dans ma vie était très forte et ne laissait pas de place à une véritable histoire d’amour. C’est un moyen de ne jamais être seule avec soi-même.

Source : National Geographic - Photo of a day
Source : National Geographic – Photo of a day

Tenter d’attirer vainement l’attention des autres

J’ai aussi remarqué que cette tendance se manifestait avec d’autres personnes : des personnes qui envahissaient mon esprit, dont j’avais envie d’attirer l’attention, je voulais leur montrer que je m’intéressais à elle, et je voulais, surtout, qu’elles s’intéressent à moi. Mais elles n’avaient pas l’intention de le faire, du moins pas plus que ce qu’elles faisaient déjà. C’est une sensation qui envahit notre esprit, qui prend possession de lui, et qui fait ressentir des sensations négatives : on attend despérément que l’autre nous réponde, qu’il s’intéresse à nous, qu’il nous parle. Cela vient rompre notre sérénité, et cela brise la tranquillité de notre relation avec cette personne, puisqu’on y met des exigences, des besoins, et on ne laisse plus les choses se dérouler comme elles devraient se dérouler, alors que parfois cette personne nous apprécie sincèrement, mais juste, la relation ne peut pas être plus proche. Mais c’est aussi un moyen de combler le vide de sa solitude.

Se concentrer sur soi pour vivre pour soi

Depuis fin juillet, je suis confrontée à cette solitude : je ne suis plus en couple, je suis au chômage, donc seule chez moi, autrement dit le meilleur moment pour me replonger dans cette dépendance. Mais j’essaye justement de me concentrer sur moi, de vivre pour moi, et non plus de vivre pour les autres, à travers les autres, et ainsi je serai libération

Toi aussi, rayonne ! - Source : National Geographic - Photo of a day
Toi aussi, rayonne ! – Source : National Geographic – Photo of a day
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