Une semaine avec les migrants à Calais

Fin juin, je suis partie pendant une semaine faire un « séjour solidaire » avec le Secours Catholique. Cette association organise des séjours de bénévolat pour les jeunes de 18 à 35 ans, et les thèmes sont nombreux : accompagnement de personnes âgées isolées, de familles en difficultés, et même aussi semaine avec les migrants à Calais. C’est ce que j’ai choisi.

Une semaine avec les migrants

Les médias parlent beaucoup des migrants cette année, et j’étais curieuse de voir ce qu’il y avait au delà de ce que les journaux et la télévision racontent. Je donnais aussi des cours de soutien scolaire à des jeunes en difficulté issus de familles d’immigrés, et cela m’intéressait de me rapprocher de cette population. Comme j’avais du temps libre et que la reprise de travail m’empêchera très probablement de revivre cette expérience, j’ai saisi l’occasion !

J’étais avec deux autres bénévoles : deux jeunes de 18 ans qui venaient de passer leur bac. (J’ai passé le mien il y a 10 ans, donc autant dire que cela a été étrange et que cela m’a rappelé des souvenirs :p) On s’est bien entendues toutes les trois pendant la semaine.

Le thème du séjour était d’accompagner et d’encadrer les migrants, au centre d’accueil du Secours Catholique mais aussi dans la « Jungle« . La Jungle, c’est ce bidonville où vivent des milliers de personnes, en attendant la plupart du temps de pouvoir franchir la frontière très fermée et très surveillée entre la France ou l’Angleterre, ou attendant de pouvoir s’installer dans notre pays. Le centre d’accueil est lui un endroit où les migrants peuvent venir pour sortir de la Jungle, faire des animations, discuter à l’abri et au chaud, faire des demandes d’asile…

La « Jungle »

La Jungle, on en parle beaucoup ces derniers temps… Quand j’y étais, l’estimation du nombre de personnes là bas était de 5 000, maintenant ils seraient 10 000… 10 000 à être entassés dans des habitations de fortune, faites de bois et de bâches, quand ce ne sont pas simplement des tentes.

La Jungle est une zone très surveillée : des policiers et CRS en gardent les entrées jour et nuit. Certains ont de plus peu de respect et de considération pour les migrants… Pour y pénétrer, il faut des autorisations, et montrer ses papiers d’identité. Cet endroit est situé à côté de l’autoroute qui mène en Angleterre. Le long de celle-ci, des barrières ont été installées, sur demande de l’Angleterre, pour empêcher les migrants d’y pénétrer. Ils font parfois des blocages dans le but d’arrêter les camions et d’espérer monter dans l’un d’eux pour arriver dans leur « eldorado ». Ce mur est appelé « le mur de la honte ».

De nombreux bénévoles s’activent ici pour distribuer les repas, organiser les douches, construire des habitations, donner des cours de français…

Diverses nationalités cohabitent : des Afghans, des Somaliens, des Pakistanais, des Erythréens, des Syriens, et d’autres… Bref des pays dans lesquels il y a des conflits et/ou des régimes dictatoriaux très sévères et durs.

Rencontre avec les Migrants

La première journée, nous sommes allées, avec quelques migrants, des accompagnateurs et des journalistes du Secours Catholique, au bord de la mer. En effet, de l’argile s’y trouve en abondance et en libre disposition : c’est donc l’occasion de s’en servir pour faire des sculptures. Parmi les activités proposées par le Secours Catholique, un certain nombre sont artistiques : ils croient beaucoup en l’art thérapie. Cela permet ainsi aux migrants de s’exprimer, d’exprimer et d’évacuer un peu tout ce qu’ils ressentent et tout ce qu’ils ont vécu.

Nous avons pu discuter avec les migrants, et c’était très intéressant. Ils ne parlent généralement pas français, mais la plupart connaissent l’anglais. On se rend ainsi compte que ce sont des personnes comme nous. Derrière ce terme de migrants utilisé pour les décrire, se trouvent des humains comme nous.

Nous leur avons aussi donné des cours de français : certains veulent rester en France, et sont très motivés pour apprendre la langue de notre pays. Nous avons aussi regardé un film de Charlie Chaplin, et c’était beau moment que nous avons partagé, rire tous ensemble au delà des différences de culture, de langue et de nationalité.

cours de français
cours de français

Activités avec les femmes et les enfants

Mardi, c’était la journée réservée aux femmes et aux enfants. Ce type de population vit dans une zone spéciale dans la Jungle, car c’est elle la plus fragile. Ils habitent dans des bungalows, dans une zone grillagée et fermée à clé, pour éviter toute intrusion extérieure, et dont ils peuvent peu sortir. Les amener à un autre endroit tel que le centre d’accueil est ainsi une bouffée d’air frais pour eux, et fait du bien à tout le monde ! Nous avons donc joué avec les enfants, ils ont mangé un bon repas puis ils ont regardé un film.  Une journée qui change pour eux et qui leur fait du bien.

J’ai fait une autre activité avec les femmes : elles ont construit des sandales à partir de caoutchouc. C’est un migrant qui a appris comment faire à une animatrice du Secours Catholique. Celui-ci rachète ensuite les chaussures pour leur donner un peu d’argent. C’est intéressant pour elles qui n’ont pas beaucoup d’activités à faire dans la Jungle et qui n’ont pas de revenus.

Le Ramadan avait lieu pendant que j’étais à Calais, et les femmes nous ont gentiment invitées à venir rompre le jeûne avec elles vendredi soir (à 22h15 ^^). C’était un beau moment, tout le monde avait amené quelque chose à manger, et elles étaient heureuses de partager ce moment avec nous, et réciproquement. Ces personnes sont très généreuses et accueillantes, cela ouvre l’esprit de voir ces attitudes alors qu’elles n’ont rien et sont dans des situations difficiles.

Rupture du jeûne
Rupture du jeûne

Bilan

Cette semaine a été très enrichissante et m’a apporté de l’ouverture d’esprit, de la compréhension et de la compassion. Aucun des migrants n’a fait le choix d’être ici : ils ont tous été forcés de quitter leur pays car les conditions de vie étaient devenues impossibles. Ils sont partis en quête d’un pays qui veut bien d’eux et où ils pourraient vivre libre, sans crainte de conflits ou de tortures… Nous avons énormément de chance d’être dans des pays en paix, mais imaginons, si c’était l’Europe qui était en guerre, et l’Afrique en paix ? Si c’était nous qui devions fuir nos terres pour aller dans des Etats plus sûrs ?

Je suis contente d’avoir rencontré l' »humain » derrière le « migrant », et je remercie le Secours Catholique de nous laisser cette possibilité des faire ces rencontres.

Je vous laisse avec un article du Secours Catholique sur la semaine que nous avons passé là bas :)

PS : toutes les photos sont de moi, sauf celle en une, qui est du photographe du Secours Catholique (Xavier Schwebel)

 

Ou comment combler le vide de sa solitude

La dépendance affective se manifeste seulement quand on est en couple? Oh non, bien sûr que non, pas besoin d’être en couple pour être dépendante affective, et je vais vous l’expliquer à travers mon expérience. Je suis une personne solitaire, avec peu d’amis et je ne suis véritablement proche de personne.

La solitude renvoie une image négative de soi

J’ai des contacts avec peu de monde, et dans cette solitude, il est facile de s’y perdre. La solitude renvoie une image négative de soi : tu as peu d’amis, les gens ne t’aiment pas, tu n’es pas digne d’être aimée, tu n’es pas intéressante, tu es ennuyeuse, tu ne fais pas rire les gens, non vraiment tu es vraiment une personne sans aucun intérêt. C’est pas forcément conscient, c’est une croyance qui s’imprime en soi lorsque l’on constate sa difficulté à sociabiliser et à être proche des gens. Avoir une telle image de soi ne pousse pas à s’aimer soi-même, loin de là. (Alors que bon c’est notre personnalité qui nous pousse à être comme ça, rien d’autre, ça ne remet rien en cause)

 Source : National Geographic - Photo of a day
Source : National Geographic – Photo of a day

Alors pour fuir ce vide, il est possible de se réfugier dans divers stratagèmes.

L’attirance des autres devient notre attirance

Dans ma vie amoureuse, j’ai remarqué à plusieurs reprises ma tendance à être attirée par une personne dès que celle-ci me manifeste des signes d’intérêt. Dans une telle solitude, où les personnes manifestent peu souvent des signes d’intérêt, où leur amour et leur affection ne sont pas ressentis tous les jours, il est alors facile de se précipiter dès qu’une personne nous montre qu’elle nous apprécie, et même mieux encore, qu’elle est attirée par nous et qu’elle envisage plus avec nous. Génial, une personne nous aime ! Cette chaleur que l’on ressent, cette joie nous amène à une méprise facile : c’est de l’amour, cette personne m’attire aussi. Alors que c’est plus de l’attirance, de l’attachement. Mais on n’en a pas conscience dans l’immédiat. On est heureuse, quelqu’un s’intéresse à nous, et c’est tout ce qui compte.

Mais bien évidemment, une telle attirance ne peut que s’altérer avec le temps. L’ennui finit par faire surface, ainsi que le manque de désir. La rupture est alors inévitable… (Sauf si on continue à se voiler la face) Et c’est ce qui conduit à multiplier les relations amoureuses, comme c’est le cas pour moi.

Des relations prenantes pour combler le vide de sa vie

Mais il est aussi possible d’être dépendant de quelqu’un sans être dans une relation amoureuse. Il suffit de trouver une personne avec laquelle on est « proche », mais avec laquelle la relation est conflictuelle, et non satisfaisante. Une personne dont on cherche désespérément à attire son intérêt, mais malgré tout ce qu’on fait, c’est un échec, la relation n’est pas une belle amitié comme on le souhaite. Et dans ce cas, cette relation occupe toutes nos pensées : que faire pour attirer son intérêt? Est-ce qu’il va me répondre? Est-ce qu’il m’apprécie? Est-ce que je n’en fais pas trop? Et autres questions du style, qui monopolisent notre esprit, presque entièrement tourné vers lui. C’est ce qui s’est passé avec N., une pseudo amitié qui a duré bien trop longtemps (histoire en 3 parties sur mon ancien blog : 1, 2 et 3) , et dans une moindre mesure avec un autre ancien ami, qui m’a beaucoup monopolisé aussi.

Je n’ai pas été en couple avec ces personnes là, mais leur présence dans ma vie était très forte et ne laissait pas de place à une véritable histoire d’amour. C’est un moyen de ne jamais être seule avec soi-même.

Source : National Geographic - Photo of a day
Source : National Geographic – Photo of a day

Tenter d’attirer vainement l’attention des autres

J’ai aussi remarqué que cette tendance se manifestait avec d’autres personnes : des personnes qui envahissaient mon esprit, dont j’avais envie d’attirer l’attention, je voulais leur montrer que je m’intéressais à elle, et je voulais, surtout, qu’elles s’intéressent à moi. Mais elles n’avaient pas l’intention de le faire, du moins pas plus que ce qu’elles faisaient déjà. C’est une sensation qui envahit notre esprit, qui prend possession de lui, et qui fait ressentir des sensations négatives : on attend despérément que l’autre nous réponde, qu’il s’intéresse à nous, qu’il nous parle. Cela vient rompre notre sérénité, et cela brise la tranquillité de notre relation avec cette personne, puisqu’on y met des exigences, des besoins, et on ne laisse plus les choses se dérouler comme elles devraient se dérouler, alors que parfois cette personne nous apprécie sincèrement, mais juste, la relation ne peut pas être plus proche. Mais c’est aussi un moyen de combler le vide de sa solitude.

Se concentrer sur soi pour vivre pour soi

Depuis fin juillet, je suis confrontée à cette solitude : je ne suis plus en couple, je suis au chômage, donc seule chez moi, autrement dit le meilleur moment pour me replonger dans cette dépendance. Mais j’essaye justement de me concentrer sur moi, de vivre pour moi, et non plus de vivre pour les autres, à travers les autres, et ainsi je serai libération

Toi aussi, rayonne ! - Source : National Geographic - Photo of a day
Toi aussi, rayonne ! – Source : National Geographic – Photo of a day

Le couple et la communication

Dans mes deux relations précédentes, des problèmes se sont posés à cause de la fréquence de communication. En effet, aujourd’hui tout le monde a un téléphone portable, et presque tout le monde a un forfait Internet illimité. On est donc, en théorie, joignable en permanence, et on peut joindre l’autre en permanence. Mais cette permanence constante implique beaucoup de pression.

Je vais commencer par Facebook, et je reviendrai à la fréquence des communications ensuite. Être ami avec son partenaire sur Facebook implique une visibilité plus ou moins importante de ce que l’autre fait : les amis qu’il ajoute, ses commentaires, et autres. Et toute cette visibilité peut facilement entraîner beaucoup de questions, et ainsi de la jalousie : « qui est cette fille que tu as ajouté en ami? » « c’est quoi ce commentaire que tu as laissé à ce mec? » De même, on voit aussi quand l’autre s’est connecté, ce qui sous entend que s’il est connecté, il est disponible, donc il devrait avoir le temps de répondre, or il ne l’a pas fait. Bref, cela implique beaucoup de pressions et de doutes inutiles. Mon dernier ex H. n’aimait pas du tout Facebook car ses parents ont commencé à se disputer à cause de cet outil. Et cela m’arrangeait bien, car je n’aime pas avoir mon partenaire en ami sur Facebook, pour les raisons citées précédemment. Je n’ai pas envie de voir avec qui il est ami, ses commentaires et autres, cela entraîne du négatif inutile. Ainsi Facebook entraîne une certaine visibilité qu’il faut savoir gérer et avec laquelle il faut savoir prendre de la distance.

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Pour en revenir à la fréquence des communications, deux situations opposées existent. Avec mon ex précédent, M., c’était simple, il utilisait très peu son téléphone portable, et il n’aimait pas passer du temps au téléphone. Ainsi, on pouvait passer toute la journée sans se parler, et quand j’étais dans la ville de mon entreprise, on se parlait une fois au milieu de la semaine pendant 15 minutes, et cela lui convenait très bien.

Cette absence de contacts n’est pas forcément facile à gérer. Déjà il faut comprendre et accepter le fait que l’autre n’a pas besoin d’être en contact avec l’autre, mais que cela ne remet pas en cause le fait qu’il pense à nous et qu’il nous aime. Ce n’est pas évident quand on ne fonctionne pas de la même manière. C’est aussi difficile à accepter le fait que, certes on peut compter sur l’autre, mais pas aussi souvent que l’on voudrait. C’est un rythme à prendre et à accepter.

Avec mon autre ex, H., j’ai été confrontée à la situation inverse. Lui, de son côté, voulait que l’on se parle très très souvent. 2 ou 3 heures sans contact, pour lui c’était trop. Cette situation été renforcée par le fait que je ne travaillais pas, et donc que en théorie j’étais joignable constamment, car toujours seule. Le problème de vouloir se parler constamment, c’est qu’il faut trouver quelque chose à se dire. Et on se retrouve vite confrontée à la question du quantitatif qui prime sur le qualitatif… On s’envoyait des messages histoire de se dire quelque chose, mais ce n’était pas toujours intéressant ni pertinent, mais il fallait bien montrer, prouver, à l’autre que l’on pensait à lui…

Source : DeviantArt by alecsps
Source : DeviantArt by alecsps

Le fait de vouloir se parler constamment met une pression : il faut toujours avoir son tel avec soi, et même quand on est avec des autres, il faut lui faire un signe pour lui prouver que l’on pense à lui. Ainsi, même pendant une soirée avec des amis, il fallait lui envoyer un ou plusieurs messages, même si cela impliquait de se déconnecter du moment réel avec les amis pour se plonger dans notre virtuel. Mais même si l’on est seul, concentré sur une tâche, l’autre peut avoir du mal à le comprendre que cela déconcentre de discuter sur ton téléphone, et mal le prendre. Cela le mettait ainsi mal à l’aise, il n’osait pas me contacter car il avait peur de me déranger…

Un autre problème se posait car on communiquait via Whatsapp, qui passe par Internet donc, car il préfère Whatsapp aux sms. Ok, mais je n’ai pas un forfait Internet illimité (je déteste être connectée en permanence à internet, donc je m’en fiche), donc quand je me connectais via la 3G/4G, cela me mettait du hors forfait. Mais même quand j’étais dehors il fallait discuter, donc cela conduisait à des tensions : je lui envoyais un message puis je coupais internet car je ne savais pas quand il allait répondre, et il le prenait mal car « c’est impoli de poser une question et de se mettre en mode avion ensuite ». Alors que je coupais seulement Internet, et que si on communiquait via sms, ce problème ne se poserait pas. Ou il l’interprétait mal, « tu coupes internet pour m’empêcher de discuter avec toi », alors que non absolument pas. Encore une fois, si on communiquait via sms, ce problème ne se poserait pas. Cette absence de connexion Internet nous a donc souvent posé des problèmes.

Ainsi, la fréquence ou l’absence de contacts a entraîné des complications et tensions dans mes deux dernières relations, à cause de la joignabilité permanente que sous-entendent les téléphones portables… C’est un équilibre à trouver, ce qui n’est pas toujours évident, mais parfois j’avoue j’ai eu envie de retourner à l’époque sans téléphone portable ni internet, pour ne plus avoir cette pression ;)

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Et vous, comment se passe la communication dans votre couple? Avez-vous réussi à trouver un équilibre?

Je me suis retrouvée

Il y a deux mois, j’ai voulu écrire cet article « Je me suis retrouvée » parce que je venais de trouver un travail comme je le souhaitais, en lien avec l’Allemagne et où je pouvais parler allemand. Malgré les tensions et les complications avec mon copain qui ne voulait absolument pas d’une relation à distance et qui ne comprenait que j’avais ce fort désir de faire ce travail, malgré ces obstacles, j’avais réussi à m’en libérer pour trouver le travail exactement comme je le souhaitais, même si cela signifiait relation à distance plutôt éloignée et compliquée avec mon copain.

Mais je n’ai pas pu écrire cet article. Parce que cela sonnait faux ce « je me suis retrouvée ». Certes j’avais réussi à avoir le travail que je voulais, mais non je ne m’étais pas « retrouvée ».

Source : Photo of a day - National Geographic
Source : Photo of a day – National Geographic

Il m’a beaucoup fait culpabiliser sur cette envie d’avoir ce travail alors que c’était un projet que j’avais depuis longtemps, que je lui en avais parlé avant que l’on se mette ensemble, car pour lui, aimer l’autre, cela signifie habiter ensemble, construire un couple, faire des compromis même si ces compromis nous amènent à repousser quelque chose qui nous tient vraiment à coeur, ou nous amène à vivre dans une ville que l’on déteste et dans laquelle on sait que l’on sera pas heureux.

Et de manière générale, je me sentais moins libre avec lui, plus oppressée, je ne savais pas comment il allait réagir si je voulais faire quelque chose seule de mon côté, si je n’avais pas envie qu’il vienne habiter chez moi pendant un mois. Je sentais qu’il attendait beaucoup de moi, qu’il attendait que je lui donne beaucoup d’affection, beaucoup de marques d’amour, verbales ou physiques, qu’il attendait que je lui envoie régulièrement des messages même si j’étais avec d’autres personnes. Il m’a offert beaucoup de cadeaux, et je sentais qu’il attendait un retour derrière, que je lui dise « je t’aime » parce qu’il m’avait offert quelque chose.

Mais ce n’était pas de ça dont j’avais besoin. J’avais besoin de quelqu’un à qui je pouvais parler de mes projets, de mes envies, quelqu’un à qui je pouvais dire « non je n’ai pas envie » sans me prendre en retour une incompréhension, un silence et/ou une dispute parce que « quand on aime quelqu’un, on est censé avoir envie de cela » (par exemple « tu devrais être heureuse que je vienne chez toi pendant un mois »)

Source : Photo of a day - National Geographic
Source : Photo of a day – National Geographic

Donc non en étant avec lui, je ne pouvais pas « me retrouver ». En début d’année je voulais travailler sur le thème « j’apprends à m’aimer », mais je n’y arrivais pas avec lui. Soit parce que apprendre à s’aimer ne peut se faire qu’en étant célibataire ou soit parce que je n’étais pas dans un couple épanouissant pour bien apprendre à le faire.

J’ai hésité plusieurs fois à me séparer avec lui, mais il retenait à chaque fois, quand je voyais tout l’amour, toutes les marques d’affection qu’il me donnait, quand je voyais tout ce qu’il faisait pour moi, et aussi parce que je suis sans travail (donc toujours chez moi) pour une période assez longue, et j’avoue que cela m’a fait peur de passer toute cette période seule, et aussi parce que je ne pouvais accepter que j’allais encore échouer dans une relation. Je me disais qu’on allait pouvoir revenir aux débuts où on était juste bien…

On s’est séparé il y a quelques jours, et il a du mal à le comprendre, pour lui les torts viennent surtout de moi, si je changeais, si je lui donnais plus, si je voulais que l’on passe plus de temps ensemble, et si je voulais faire plus de compromis, et si… et « avec tout ce que je t’ai donné et avec tout ce que j’ai fait pour toi », oui mais l’amour ce n’est pas que des cadeaux et des gestes d’affection, et ce n’est pas toujours faire passer l’autre avant soi pour le rendre heureux lui… (ça me fait penser à un son de Vitaa mais je l’ai pas retrouvé donc vous avez de la chance je vais pas mettre du Vitaa sur mon blog) (oui oui j’ai écouté Vitaa, j’assume :p)

Bref je suis à nouveau célibataire, et je me pose des questions sur moi, sur pourquoi je me suis encore engagée dans une relation qui ne me convenait pas, pourquoi j’ai fait cette erreur, sur ce qu’il faut que je fasse pour apprendre à m’aimer vraiment, pour m’aimer vraiment, pour me sentir vraiment en paix avec moi même et avec les autres. J’ai encore du travail à faire… Mais là cette fois, sans la culpabilisation, sans tout ce négatif, je peux enfin dire « je me suis retrouvée ».

Source : Photo of a day - National Geographic
Source : Photo of a day – National Geographic

PS: voici un beau message de Maryline, du blog Exploser d’amour:

« L’amour est une vibration positive qui fait du bien. C’est comme ça qu’on reconnaît l’amour :) Lorsqu’il utilise la culpabilisation, qu’il ne t’accepte que lorsque tu l’aimes et que tu es là, lorsqu’il exige un retour sur ce qu’il t’a donné, c’est plutôt de l’ordre de l’attachement et la peur de te perdre voire de la dépendance mais pas de l’amour. Dans un couple il est essentiel d’accepter l’autre entièrement sinon tu te sens coupée d’une partie de toi-même et tu finis par ne plus être vraiment toi et à perdre ton énergie vitale. Je suis désolée pour votre rupture mais peut-être est-ce un mal pour un bien et tu trouveras quelqu’un de plus compatible avec ton envie professionnelle. »

Avec une jolie vidéo inspirante :

https://www.facebook.com/femmedinfluencefr/videos/1607263129523751/

« Je suis reconnaissance d’avoir été aimée, d’être aimée maintenant, et de pouvoir aimer. Parce que ça libère ! L’amour libère ! Ça ne t’emprisonne pas. »