Etre en accord avec sa personnalité

Ou : Certes je suis une personne introvertie. Mais je peux m’affirmer à l’oral.

Source : National Geographic - Photo of a day
Source : National Geographic – Photo of a day

J’ai fait plein de présentation orales pendant mes deux dernières années d’études, mais cela ne m’a apporté aucune confiance dans la façon dont je faisais mes présentations. Est-ce que j’étais intéressante? Convaincante? Est-ce que j’avais une attitude correcte? Aucune idée. Comme je ne me sens pas vraiment à l’aise à l’oral, j’ai toujours eu une perception négative de l’attitude que j’avais.

Parce que je suis une personne réservée, introvertie, qui s’exprime peu dans un groupe, qui n’est pas à l’aise quand elle parle devant plusieurs personnes, qui ne fait pas rigoler les gens, qui parle peu, j’avais l’impression que je ne savais pas m’affirmer à l’oral, que je n’avais pas une attitude convaincante et intéressante, et que cela sera toujours le cas. Je pensais que seules les personnes à l’aise et extraverties pouvaient être des bonnes oratrices. Et les autres? Démerdez vous avec votre manque de confiance en vous.

Et pourtant. Et pourtant, en début de semaine, j’ai fait une formation qui visait à nous faire travailler l’impression que l’on renvoyait. Nous avons fait une présentation qui a été filmée, et les autres du groupe nous ont dit ce qu’ils avaient trouvé de bien dans notre présentation, et quels étaient les axes d’amélioration. Et en fait, ils avaient bien aimé ma présentation, et m’avait trouvé affirmé et convaincante. Or je ne pensais pas que je l’étais.

Et pourtant je l’ai été, et le mieux, c’est que je l’ai été tout en respectant ma personnalité. En effet, il y a une chose essentielle que j’ai retenu de cette formation : pour que votre discours soit convaincant et frappant, il faut qu’il soit en accord avec votre personnalité. Les personnes extraverties, créatives et drôles sont valorisées, ce sont elles qui retiennent le plus l’attention. Mais si nous cherchons à faire les gestes et attitudes que ces personnes font pour attirer l’attention, cela sera un échec car l’auditoire ressentira un décalage. Il faut être soi.

Et être soi quand on est une personne réservée et introvertie, c’est faire des gestes qui nous correspondent : utiliser une gestuelle simple, avec des gestes mesurés mais qui ponctuent de manière efficace notre discours. C’est ne pas utiliser l’humour si ce n’est pas votre personnalité, mais c’est, bien sûr, toujours avoir le sourire et le regard ouvert en direction du public !

En se servant de notre personnalité de manière intelligente, cela rend service à notre discours. J’ai bien utilisé ma personnalité discrète et cela a servi ma présentation. Puisque ce qui est dit compte seulement pour 7% dans l’impact de la présentation, le savoir être – l’attitude que l’on a – est vraiment essentiel.

Mais pour que notre personnalité soit en cohérence avec notre présentation, il faut bien sûr se connaître et s’accepter avant. Accepter ce que l’on est. Oui je suis une personne introvertie et discrète, non je ne serai jamais une personne qui fait de grands gestes et qui fait rire les gens, mais c’est ce que je suis, et je peux m’en servir pour faire une présentation convaincante. J’ai déjà parlé de l’importance d’accepter sa personnalité dans cet article sur la dépendance affective, mais je me rends de plus en plus compte que c’est vraiment quelque chose d’essentiel qui nous permet de nous sentir mieux dans notre vie.

Même si vous pensez n’avoir aucun point fort dans votre façon de faire des présentations, vous en avez. Il est essentiel de trouver le positif et de le travailler : en travaillant vos talents, vous vous révèlerez vous-même, et c’est ainsi que vous serez la meilleure.

« Faites vous confiance, vos plus beaux atouts sont en vous »

cf « Déploie tes ailes, deviens qui tu es, ose ! » ;)

Source : National Geographic - Photo of a day
Source : National Geographic – Photo of a day

Prendre le temps – Vie professionnelle

31 décembre 2015… Dernier jour de l’année, mais aussi – ET SURTOUT – dernier jour de mon contrat d’apprentissage dans ce poste inintéressant et non épanouissant. Dernier jour de l’année, pour amener une nouvelle vie où tous les possibles sont ouverts. Et oui, je n’ai plus aucun engagement, la recherche d’un emploi m’ouvre grand les bras.

Je n’avais pas encore commencé à chercher car cette année 2015 fut très intensive, je n’avais pas la motivation de me rajouter cette pression de trouver un travail, et je tenais à faire une pause après ces 2 années et demie d’études très intensives. Janvier commence, je m’accorde deux semaines de répit, avec le plaisir de ne pas penser à mon avenir professionnel.

Et heureusement que je n’ai pas commencé un nouveau travail car je n’avais clairement pas la force morale pour commencer une nouvelle vie dès janvier. Cette fin d’année avait été difficile et j’ai plutôt mal vécu le mois de décembre, il fallait que ce contrat s’arrête, je ne supportais vraiment plus mon poste – où je servais encore moins à quelque chose que précédemment.

Mais une fois ces deux semaines passées, la pression de rechercher un travail s’est à nouveau imposée. Mes objectifs étaient clairs :

  • travailler dans un cabinet d’audit ( = vérifier les comptes des entreprises pour voir s’il n’y a ni fraudes ni erreurs) pendant 2 ou 3 ans, car ce type d’expérience est très valorisée sur le marché de l’emploi et cela permet d’offrir plus d’opportunités par la suite. Chose très utile étant donné que je ne sais toujours pas ce que je veux faire.
  • partir en Allemagne ou ailleurs en France pour travailler dans un cabinet franco-allemand car j’aime l’Allemand et je veux pratique cette langue. Et comme je vais bientôt avoir 28 ans, si je veux faire une expérience à l’étranger, c’est maintenant qu’il faut que je la fasse.

Les objectifs sont clairs, bien définis, je sais très bien quoi faire et dans quelle direction chercher pour trouver. Easy, allons-y, commençons  à chercher.

Source : National Geographic - Photo of a day
Source : National Geographic – Photo of a day

Sauf que. Sauf que non en fait. Un mois est passé et je n’ai toujours aucune envie de chercher, ou je dirais plutôt de trouver.

Ces études ont été très intensives, clairement. Des études j’en ai faites, mais celles-ci étaient les plus dures. De plus, pendant 2 ans j’ai été en apprentissage. Ce travail se trouvait dans une autre ville que celle de mes études, ce qui m’a amené à être entre deux villes pendant 1 an et demi, et à vivre dans 5 appartements. Ce travail s’est trouvé aussi être inintéressant : je me suis retrouvée à accomplir des tâches que je ne voulais surtout pas faire et qui n’étaient en plus pas du tout au niveau de mon master. Ce qui était utile à l’entreprise n’était pas en adéquation avec mon niveau d’études, et ce qui l’était n’était pas utile à la société, ou disons plutôt que l’entreprise ne voyait pas d’intérêt à ce que je faisais, alors qu’elle aurait dû. Il y a eu une erreur de recrutement, ils n’avaient pas besoin d’un bac +5 pour ce poste, mais plutôt d’un bac +2.

Or voilà, j’ai dû rester et faire avec. Faire avec ce poste où je passais une grande partie de mes journées à m’ennuyer, où je n’étais pas motivée, où je n’étais pas mise en confiance, où je n’avais aucune reconnaissance envers ce que je faisais, où je ne me sentais pas utile à la société. Deux ans (ou presque) comme ça, à supporter un poste où mes compétences n’étaient pas du tout utilisées alors que de l’autre côté, je travaillais sérieusement pour mes études, et pour des choses plutôt compliquées.

Ces deux années et demie d’études, je les ai faites parce que le marché du travail demande un bac+5 pour accéder au type de poste qui m’intéresse. Un poste qui demande de l’analyse, de la réflexion et pas un poste avec majoritairement des tâches automatiques. J’avais déjà fait 6 années d’études, ces 2 années supplémentaires, je m’en serais très très bien passée. Les études c’est bien joli, mais devoir travailler le soir et le week end, c’est beaucoup moins agréable. Mais je l’ai fait et j’en suis fière et heureuse.

Cependant, le poste auquel j’aspire, ce n’est à nouveau pas moi qui veut le faire, mais le marché du travail qui me demande de le faire. Or, si je suis honnête envers moi même, je ne veux pas effectuer ce travail. C’est un métier qui demande beaucoup d’investissements, beaucoup d’heures de travail, beaucoup de déplacements, pour des tâches, qui a priori ne m’intéressent pas. Or ce n’est pas ce que je recherche. Je veux un travail qui m’offre une certaine stabilité et qui me permette de faire une activité régulière en dehors de mes horaires.

Mais si je me lance là dedans, c’est que je ne sais pas ce que je veux faire d’autre. Mais ma motivation et mon moral parlent pour moi. Je suis bien plus motivée pour préparer mon examen auquel j’ai échoué que pour rechercher un emploi. Je n’ai pas du tout envie de quitter mon appartement et la ville dans laquelle je suis actuellement, je n’ai pas du tout la motivation et la force de quitter mon environnement pour en découvrir un autre, pour tout recommencer, encore une fois. Clairement, pour le moment, si je m’écoute, je n’ai pas envie de ça.

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J’ai envie de pouvoir enfin prendre le temps de vivre et de me consacrer à des choses que j’aime, j’ai envie de pouvoir prendre le temps.

Et de plus, si je pars à l’étranger, je ne vais pas être proche de mon copain, ce qui va m’amener à vivre une relation à distance, à passer du temps dans les transports, à être entre deux villes, et clairement je n’ai pas envie de ça à nouveau. Je sais que ce n’est pas un bon argument de limiter ses envies selon l’autre, mais une relation à distance, ce n’est pas du tout quelque chose à quoi j’aspire. Et ça me donne encore moins envie de partir.

Je culpabilise parce que, oui je suis au chômage et je ne travaille pas, mais actuellement je n’ai pas la force de me lancer dans un nouveau projet qui va me demander beaucoup d’énergie. Je crois que le mieux c’est de m’accorder du temps, du temps pour me ressourcer, pour redéfinir vraiment bien mes envies et réfléchir à ce que je veux, et pas ce que le marché du travail veut.

Je crois que parfois il faut s’accorder le droit de prendre du recul pour mieux repartir ensuite, pour mieux le vivre à l’avenir et pour plus savoir vers où on va.