Avec des tours et des détours…

…On finit par savoir ce que l’on veut… (enfin presque) (c’est toute une aventure que je vais vous raconter, accrochez-vous!)

Quand j’étais petite, je voulais être institutrice (le truc classique des gamines), et puis j’ai fait mon BAFA, et je me suis rendue compte, que non supporter des enfants toute la journée, ce n’était pas pour moi. Pas assez patiente, pas assez d’autorité… Donc mon « rêve » de toujours s’est effondré, et je me suis retrouvée avec un vide professionnel pendant mon année de terminale. « Qu’est ce que je vais faire? » Grande question à laquelle je n’avais pas la réponse… J’avais toujours aimé les langues (surtout l’allemand) et j’avais pensé aller en fac de langues étrangères appliquées. Mais mon professeur principal me l’a déconseillé, et comme je ne voulais pas me spécialiser (difficile de se spécialiser quand on ne sait pas quoi faire), je me suis dit « Sciences Po, c’est cool, c’est une école générale et polyvalente, je vais aller à Sciences Po ». Me voilà donc atterrir dans une classe préparatoire littéraire pour préparer ce fameux concours…

Deux années très formatrices mais aussi très difficiles (se retrouver dernière de la classe ou presque, quand on a toujours été première ou presque, ça fait un peu un choc). Ca a été des études intéressantes, je suis bien plus contente d’avoir fait deux années de prépa plutôt que deux années de fac où on est plus ou moins laissé à l’abandon. Mais j’ai échoué à mon concours de Sciences Po, et la question de l’après revenait… J’avais hésité à faire un concours pour entrer dans une école de commerce, mais j’estimais ne pas avoir un niveau suffisant en langues pour réussir au concours (retrospectivement je l’avais ce niveau, j’étais juste pas du tout habituée à travailler à l’oral) (on ne fait que des traductions en prépa), et surtout j’estimais qu’une école de commerce n’était pas ma place. Je n’avais pas assez confiance en moi, et je ne pensais pas pouvoir rivaliser avec les gens de là bas, avoir une mentalité gagnante. Donc j’ai laissé tomber cette idée, et j’ai atterri dans une licence polyvalente dans les sciences humaines et sociales, toujours « parce que je ne savais pas quoi faire », et j’ai donc fait une année de fac pour me reposer et récupérer après ces deux années intensives.

Et puis la question de « quoi faire après » s’est reposée. J’avais pensé aller dans un master de langues, comme j’aimais les langues et surtout l’allemand, mais comme je n’avais pas fait d’études de langues, je n’estimais pas avoir un niveau suffisant, et j’ai laissé tomber l’idée. Je voulais me rapprocher de la vie professionnelle, faire quelque chose de plus concret, pas toujours être dans les études littéraires et dans les dissertations. Je me suis rappelée que j’avais beaucoup aimé l’économie pendant mon bac ES et que j’aimais bien les maths, deux choses qui m’avaient beaucoup manqué pendant mes études littéraires. Je me suis donc dit « je vais aller étudier la comptabilité ». J’ai donc atterri dans une formation qui prépare en un an à un DUT, c’est ce qu’on appelle un DUT en année spéciale. Pendant un an, j’ai découvert la comptabilité et le contrôle de gestion notamment. J’avais bien aimé, il y avait de l’économie, je trouvais ça intéressant l’étude du fonctionnement d’une entreprise, j’aimais bien la comptabilité de manière théorique. Et surtout c’était des études orientées professionnellement parlant, on étudiait l’entreprise et le monde professionnel, ce n’était pas que des dissertations.

Après cette année, j’ai suivi les conseils de mes professeurs qui m’avait conseillé, à moi et à d’autres de la classe, de préparer un diplôme de comptabilité. Parce que c’était bien, parce que cela ouvrait des portes professionnelles et parce que c’était la continuité de la formation. Et puis j’ai fait un stage dans un cabinet d’expertise comptable, et je me suis dit « plus jamais la comptabilité ». Saisir des écritures toute la journée, chacun derrière son ordinateur dans son coin, non merci ce n’est pas cela que je recherche… Mais je me suis rendue compte de cela en août, j’avais donc lancé mes études de l’année suivante. Trop tard pour revenir en arrière et tout remettre en cause. Et puis je ne savais toujours pas ce que je voulais faire. Comme je voulais travailler (à 22 ans, il était temps d’y penser), j’ai recherché une formation en alternance. Par chance, j’ai trouvé un poste en alternance qui n’était pas comptable. J’ai atterri dans le contrôle de gestion.

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Les études théoriques me plaisaient (même si être dans une classe avec les autres élèves qui s’en foutent, qui déclarent que « obtenir le diplôme c’est trop difficile et je ne l’aurai pas, alors ça ne sert à rien de travailler », n’a pas rendu les choses particulièrement faciles et plaisantes…), et le travail ça me plaisait… Au début… Quand j’ai dit à mes parents que j’allais m’orienter dans la comptabilité gestion, ma mère m’a répondu « c’est un travail qui te conviendrait bien, être derrière ton ordinateur toute la journée, toi qui passe tout ton temps dessus. » Oui je passais beaucoup de temps sur l’ordinateur, parce que je n’avais pas beaucoup de vie sociale et parce que l’essentiel de ma vie sociale se passait virtuellement. Pas parce que j’aimais être derrière un ordinateur. C’est facile d’être derrière son ordinateur, on est seul, pas exposé directement au regard des autres, on ne se confronte pas. C’est facile de se cacher derrière un ordinateur. Très facile. Mais je n’avais pas ce recul à l’époque, et j’avais approuvé ce que ma mère m’avait dit.

Mais je me suis rendue compte que non, mon travail ne me plaisait pas. Copier/coller des données toute la journée, faire des tâches administratives sans aucune réflexion ni analyse derrière, non ce n’est pas ce que je recherche. Démotivée, pensant que j’allais être toujours limitée à ces tâches inintéressantes, me sentant inutile ou du moins pas valorisée, j’ai commencé à perdre mon temps sur Internet. C’était ce que je faisais la plupart de mon temps au travail. Je n’étais pas motivée, je n’étais pas intéressée, donc j’ai laissé tomber.

Une fois mon diplôme obtenu (et j’en suis particulièrement fière de celui là), et mon contrat en alternance achevé (« ça y est fini les études!!! »), je suis partie pour un stage de quatre mois en Allemagne. Là bas, dans une petite entreprise, on m’a confié une mission dans le cadre du contrôle de gestion qui m’a beaucoup plu, et qui m’a remotivée. Je me suis dit, que si, ce travail pouvait me plaire, mais que je ne voulais SURTOUT PLUS faire de tâches qui ne nécessitent pas de réflexion. Donc je me suis rendue compte que pour un travail qui m’intéressait plus, il me fallait le niveau master. Et j’étais au niveau licence. (Dommage) Donc je me suis dit « autant refaire des études, j’ai les capacités pour le faire, seule la motivation fera la différence ».

Et puis finalement (ironie de la vie), j’ai atterri en école de commerce. Mes expériences passées m’avaient donné confiance en moi, et cette fois j’y suis allée (et j’ai bien fait parce que j’ai réussi le concours haut le main, sans quasiment aucune préparation). Les études me plaisaient beaucoup, mais à 25 ans, si je reprenais les études, c’était en alternance ou sinon je ne les reprenais pas. Déjà pour l’aspect financier, et parce qu’à 25 ans, je n’aurais pas assumé de faire seulement des études, à l’âge où tous les autres (ou presque) travaillent. Donc j’ai cherché un contrat en alternance, en sachant très bien ce que je voulais faire et surtout ce que je ne voulais PAS faire. Et manque de chance, j’ai cru trouver l’entreprise parfaite, qui correspondait à tout ce que je voulais faire, et puis en fait non…

Je me suis rapidement rendue compte que je n’aurai pas la liberté d’initiative de pouvoir faire ce que je voulais faire, que mon travail n’allait pas être valorisé, et que j’allais me retrouver à effectuer des tâches sans réflexion, choses que je ne voulais absolument plus faire. Donc pareil, je me suis démotivée. Et je suis toujours démotivée depuis que j’ai repris mon poste. (je ne me casse pas la tête à faire un master pour faire des tâches qui ne sont absolument pas au niveau de mon master!)

Et je me pose toujours autant la question de « quoi faire plus tard. » Question à laquelle j’ai du mal à trouver la réponse… Mais cette fois j’ai des expériences, j’ai travaillé, j’ai fait plusieurs choses, je suis allée à l’étranger, et je me sens plus armée pour réfléchir sur ce qui pourrait me plaire et sur ce qui ne me plait pas. Moi ce que j’aime, c’est les langues. J’ai toujours aimé parler étranger, surtout allemand, et je sais que je veux un travail en lien avec. Mais je sais que les études, c’est no way, j’ai largement suffisamment donné, et je ne veux plus (du tout) en refaire.

Donc je vais faire avec ce que j’ai, avec les possibilités et opportunités que j’ai, et on verra où le destin me mènera… Mais en tout cas l’année prochaine, il me mènera en Allemagne, pour que je puisse travailler et valoriser cette compétence de langue allemande qui m’est chère et précieuse…

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2015, je n’étais pressée de te voir….

Et voilà une nouvelle année s’est écoulée (merci originalité), 2014 n’est plus là, et je me demande bien où est passé cette année tellement elle est passée vite pour moi…

2014 une année tournant, une année pendant laquelle j’ai commencé à me libérer de mes démons de dépendance affective, où je me suis rendue compte que je ne vivais pas la solitude aussi bien que je le pensais, où je me suis rendue compte que j’avais définitivement un problème avec l’acceptation de ma personnalité et que cela avait des conséquences sur mes rapports aux autres. (26 articles répondent au mot « acceptation » quand on fait une recherche dans mon ancien blog, je crois que ce mot correspond en effet bien à mon année 2014 :p)

2014, une année où j’ai accepté de me mettre face à moi même, une année où j’ai commencé à apprendre à vivre des rapports sereins avec moi même et avec les autres, une année où j’ai commencé à apprendre à construire une relation amoureuse saine, sereine et heureuse (parce que l’amour ne doit JAMAIS être synonyme de souffrance, je le répéterai encore et toujours)

2014, une année où j’ai avancé ou pas sur le plan professionnel, une année où j’ai puisé dans mes ressources de motivation et dans mon envie de réussir pour avancer dans mes études.

2014, l’année où j’ai ouvert mon blog, où j’ai rencontré des personnes qui m’ont aidé à avancer, qui m’ont comprise, qui m’ont aidé à comprendre que j’étais une personne introvertie, et que je n’avais pas en avoir honte ni à être complexée par cette réalité. Un blog auquel je dois beaucoup et envers lequel je suis très reconnaissante (= je suis très reconnaissante envers vous, mes lectrices et lecteurs).

2014 une année tournant, une année où j’ai beaucoup avancé et qui s’efface pour laisser place à 2015… une année dans laquelle je n’ai pas envie d’être, je m’en rends compte maintenant…

Parce que 2015 = la fin de mes études avec encore beaucoup de travail et de pression en perspective, avec notamment encore un semestre de cours d’avril à juin, une thèse professionnelle, et un examen en octobre…

Parce que 2015 = seulement trois mois pendant lesquels je vais pouvoir vivre avec mon copain, et le reste du temps on se verra les week ends quand ça sera possible

Mais surtout, ça je le ressens parce que je sais un an c’est rien et c’est rien comme relation à distance, mais ça je le ressens parce que 2015 = l’année avant 2016

Et parce que 2016 = mon projet de partir en Allemagne, et ce projet je le ferai seule parce qu’il n’y a pas d’autres possibilités, et je sais qu’il faut que je le fasse et que je dois le faire, et peu importe si je suis en couple ou non, mais quand tu es en couple, le plaisir de partir à l’étranger se fait beaucoup moins fort et beaucoup moins présent… Et la culpabilité de prendre le risque de gâcher son couple, de tout faire planter elle est très forte… Et parce que ce projet signifie que je ne vais toujours pas connaître la stabilité, que je vais rester un an dans cette ville, un an ou plus dans une autre encore, et ce manque de stabilité commence à me peser un peu… (et pourtant j’ai encore envie de vivre d’autres expériences, de saisir d’autres opportunités, je n’ai pas envie de me poser dans un CDI tranquille pour le moment)

Parce que 2015 va marquer la fin d’une vie et le début d’une autre, et ce passage ne se fera pas sans difficultés, donc 2015 non je n’étais pas pressée de te voir arriver… OursRoulade_FR-FR176534

Je me sens triste aujourd’hui…

Je n’avais pas spécialement envie de publier un article sur le sujet, tout le monde le fait et a déjà tout dit, j’en ai parlé avec des gens IRL, je ne ressentais pas le besoin d’en parler sur mon blog. Et puis ça fait deux jours qu’on est à fond dans le sujet, deux jours que l’actualité ne parle quasiment plus que de ça (moi qui voulais entendre plus d’informations sur l’histoire bien triste aussi de Vincent Lambert, c’est loupé) (enfin ceci est un autre sujet), deux jours qu’on commence à entrevoir les conséquences de cet acte, deux jours que la tristesse plane dans le ciel et dans nos âmes, et finalement j’ai eu envie d’écrire parce que toutes les conséquences et les implications de cet acte m’attriste.

Dans le désordre,

* Ca me rend triste tous ces amalgames entre terrorisme et islam, toute cette islamophobie, tous ces gens qui s’en prennent aux musulmans sans réfléchir, qui n’ont pas d’ouverture d’esprit, qui créent des tensions inutiles, qui contribuent à la montée des extrêmes, qui manquent de tolérance et de respect. Les musulmans et arabes s’en prennent encore et toujours plein dans la tête, comme depuis un certain temps, quand est-ce que cela va s’apaiser tout ça? Quand est-ce que l’on arrivera à vivre dans un monde plus tolérant, plus ouvert, plus compréhensif? Je suis particulièrement sensible à cette cause car j’ai été amie avec un mec musulman et on avait discuté de ces problèmes, du manque d’ouverture et de tolérance, du sentiment de rejet. Je repense à lui à chaque fois que les musulmans sont mis injustement en avant.

* Ca me rend triste cette liberté de la presse bafouée. L’attentat sur Charlie Hebdo met en lumière l’importance essentielle de cette valeur, mais la liberté de la presse et la liberté d’expression c’est un sujet dont on parle beaucoup partout dans le monde. On n’y fait pas forcément attention généralement, cela ne nous alerte pas, et pourtant cette liberté est bien trop souvent fragile et remise en cause. Dans tous les pays où de nombreux sites Internet sont bloqués, où il n’est pas possible de s’exprimer librement sur le net, où les journaux sont guidés par les pouvoirs en place, où les journalistes sont emprisonnés ou tués. Reporters sans frontières le rappelle dans cet article. On a de la chance de pouvoir profiter de cette valeur dans notre pays, même si cette valeur reste fragile car la France est classée 39e dans le classement mondial de la liberté de la presse, car des entreprises connaissent des pressions, comme Sony qui a subi un lourd piratage dernièrement pour inciter cette entreprise à la censure à propos du film « The interview », car à plus petite échelle mais c’est important, car des bloggueuses subissent des pressions de la part d’entreprises quand elles publient des articles qui critiquent leurs produits. (Je pense au blog Les cheveux de Mini, qui a connu plusieurs problèmes à ce niveau là) Cette liberté est fragile, et il faut lutter pour la préserver.

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* Ca me rend triste ce monde à deux vitesses, où l’occident vaut mieux que l’orient, où on réagit quand quelque chose touche l’Occident, les pays modernes comme les Etats Unis ou l’Europe, mais par contre quand cela touche d’autres pays, on en parle vite fait, mais aucune mobilisation ne se fait, on ne se sent pas forcément concerné. Pourtant, des attentats, des guerres, des catastrophes naturelles (je me souviens de la tempête sur New York fin 2012 qui était suivie par tous les médias), des journalistes tués, il y en a aussi partout ailleurs.

Bref, on est dans un drôle de monde et ça me rend triste…