Les mécanismes de l’emprise

Même si j’ai arrêté de discuter avec N. dernièrement, j’ai encore du mal à être neutre vis à vis de lui. Je revis les mêmes choses que j’ai toujours vécues avec lui. Sauf que cette fois je ne veux pas que cette emprise et ce négatif reviennent dans ma vie. J’arrive donc à prendre du recul pour analyser et me rendre compte du pourquoi à chaque fois qu’on se parle il prend beaucoup trop de place dans ma vie et pourquoi je suis son emprise. Je remercie d’ailleurs Rozie qui m’a aidé à prendre la décision d’arrêter de discuter avec lui. Je me suis rendue compte que même si on sait très bien que non, ce n’est pas une bonne idée de discuter avec des gens comme ça, c’est bien plus difficile d’arrêter. Bien plus difficile… C’est donc important de ne pas rester isolée et de ne pas hésiter à en discuter avec des personnes de confiance qui pourront vous aider.

Voici donc certains mécanismes de l’emprise :

  • La solitude et le manque affectif te feront tomber dans ce piège : Ah oui, ça ils savent bien s’y prendre pour nous faire tomber dans leur piège… Avec des petits mots doux utilisés régulièrement (« ma belle », « ma toute belle », « princesse », des « tu m’es essentielle », et même des « je t’aime » (au tout début de nos rapports)), histoire de donner une sensation de proximité et de donner un sentiment d’être privilégiée. Et comme on manque d’amour, d’affection, que l’on se sent seule, c’est facile de tomber dans le piège de personnes qui a priori peuvent nous apporter l’affection dont on manque.
  • Le manque d’amour de toi et le manque de confiance en toi seront aussi des clés : quand on est contact avec une personne comme ça, elle prend toute la place dans notre vie. Il occupe toujours nos pensées, à nous faire réfléchir à ce que l’on pourrait faire pour que cela se passe bien, à si on a mal agi, à pourquoi il est plus froid, à ce que l’on pourrait faire pour attirer son attention, pour qu’il s’intéresse à nous… Et dans tout ça, on oublie de penser à nous, on se détourne de nous. C’est intéressant de se détourner de soi quand on n’a pas confiance en soi et que l’on ne s’aime pas. De plus, on peut penser que l’on ne mérite pas mieux qu’une personne comme ça, qu’une relation équilibrée et heureuse n’est pas pour nous…
  • Le mystère qu’il entretient te donnera envie de persister et d’en savoir plus : Même s’il ne s’intéresse pas vraiment à toi, il refuse de parler de lui. Il laisse passer quelques informations par ci, par là, mais sinon il refuse de dire ce qu’il fait, il refuse de dire quel est son travail, il refuse de dire beaucoup de choses. Et c’est frustrant. Très frustrant. Et cette frustration incite a continuer de lui parler, en espérant un jour percer le mystère. C’est difficile d’abandonner et d’accepter que, non, on n’en saura pas plus. J’ai trouvé dernièrement son profil Linkedin (et c’est justement pour ça que ça me soûle profondément d’avoir un profil Linkedin), et oh miracle, j’ai enfin pu découvrir quel était son travail. (et ce n’était pas du tout ce que je pensais) Et bizarrement, ça m’a apaisé d’en savoir (un peu) plus sur lui, et j’ai moins eu envie de discuter avec lui. C’est là que je me suis rendue compte que la frustration de ne pas pouvoir en savoir plus était un moyen de créer un piège et d’inciter à continuer à discuter.

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  • L’espoir que ça se passe mieux plus tard te donnera envie d’y croire, de l’aider, de chercher des solutions et de continuer : Bien sûr, comme la situation n’est pas satisfaisante, on imagine que cela ne peut que s’améliorer. On essaie de s’adapter à lui pour lui convenir, pour qu’il s’ouvre un peu plus à nous. Et ces personnes ont toujours des problèmes et cela sera une mission pour nous de les aider à les résoudre. Dans son cas, il n’a pas confiance en lui, et le développement personnel étant un sujet qui m’intéresse particulièrement, j’ai réfléchi à comment l’aider pour le soutenir, pour qu’il gagne confiance en lui…. Il est surdoué, et j’ai même lu un livre sur ce sujet pour mieux le comprendre, dans l’espoir d’améliorer nos rapports et de l’aider. (Quelle perte de temps) J’ai failli retomber dans ce piège dernièrement, l’espoir de l’aider et que cela aille mieux… C’est aussi un moyen de nous valoriser, de se dire que l’on aide quelqu’un. Parler avec une personne comme ça, c’est faire rentrer les « si » dans sa vie. « Si j’étais comme ça », « si je n’étais pas jalouse », « si je ne lui pose pas de questions »… Que de « si » qui induisent un espoir que cela peut se passer mieux plus tard, et qui sont très piégeants.
  • La culpabilité t’accompagnera : Ce qui m’a empêché de l’envoyer se faire foutre d’arrêter de lui parler en 2013, c’est la culpabilité. Culpabilité d’arrêter de lui parler, car il m’appréciait et je ne pouvais pas lui faire ça. (même si lui ne m’aurait probablement pas recontacté) Et c’est la culpabilité car il nous en veut, et on veut améliorer les choses, ou car si on était comme ça, et si on faisait ça, et s’il avait raison, alors tout se passerait bien. On culpabilise d’être comme on est et de lui faire du mal.
  • Cette personne ne te laissera pas indifférente et les moments très agréables seront une chaleur, un souvenir enthousiasmant : Nos six premiers mois de contacts avec N. ont été très intenses. On s’entendait très très très bien, on était très proches, on délirait bien tous les deux, il était généreux avec moi bref c’était une belle période. J’ai ressenti beaucoup de choses pour lui à ce moment là (était-ce de l’amour ? il était exclu que cela soit plus qu’amical entre nous, donc la question restera suspens), et tous ces moments positifs sont restés. Ils sont restés avec l’espoir que un jour peut être on redeviendra proches. C’est un souvenir positif qui fait croire que cette personne peut redevenir comme ça plus tard, et qui entretient la nostalgie. Je me suis prise une grosse claque de nostalgie dernièrement, en me souvenant de manière inattendue de la générosité dont il avait fait preuve envers moi. Ca m’a fait mal quand j’ai vu la distance qu’il y avait entre nous maintenant, et je me suis dit que c’était vraiment une quête inutile. Une période positive comme ça reste un piège, car elle entretient l’espoir, qu’un jour, cela sera bien à nouveau… Alors que pas du tout.

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Je me rends compte vraiment de tous ces pièges maintenant. Mais quand on est impliqué dans une telle relation, c’est difficile de prendre de la distance, et d’arriver à se dire que oui, on mérite tellement mieux que d’avoir tout ce négatif dans sa vie. Tellement mieux… Et même quand on le sait, c’est difficile de vraiment s’éloigner de personnes comme ça. Ca fait 9 ans que je le connais, et à chaque fois qu’on se reparle, je retombe dans le même piège, et actuellement j’ai du mal à être neutre vis à vis de lui. Donc restez loin des personnes comme lui, vous valez mieux que ça :)

Je vous invite à lire les blogs de Rozie et de Marie qui parlent aussi de ce sujet :)

Je me suis – enfin – libérée

Dernièrement, ce « cher » N. est revenu sur le forum sur lequel nous nous sommes rencontrés, et qui fait que depuis 9 ans, on n’a jamais pu perdre totalement contact. Il y a 3 ans, j’avais enfin réussi à le dégager de ma vie suite à un gros clash entre nous. Bref, je lui en voulais, il m’en voulait, on a arrêté de se parler, et on ne s’est plus croisé pendant presque 3 ans.

Et puis finalement, il est revenu… Et, ah, catastrophe, j’ai ressenti ce que j’ai toujours ressenti quand je le voyais sur le net (nos rapports sont uniquement virtuels, mais ça suffit pour créer une relation de dépendance) : une envie de lui parler, d’attirer son attention, enfin bref, il ne me laissait pas indifférente, impossible d’être neutre quand il est là. Et ça faisait quasiment 3 ans qu’on ne s’était pas du tout parlé… Et pourtant, tout m’est retombé dessus.

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Mais cette fois, c’était différent. Parce que depuis 2 ans et demi, je travaille sur moi pour me libérer de cette dépendance affective. Parce que j’ai beaucoup appris et progressé, et que c’était hors de question que je retombe dans mes travers des années précédentes. Parce que, par amour pour moi et par respect pour moi, je ne pouvais pas revenir en arrière. Je ne pouvais pas le faire. Donc on s’est vaguement parlé par posts interposés sur le forum, et ça s’est arrêté là. Je ne ressentais pas l’envie de lui parler en privé parce que la dernière année où nous nous sommes parlés a été usante et épuisante vis à vis de lui, je ne voulais surtout pas ressentir ce négatif. Et puis il n’a pas été correct envers moi, donc j’avais des raisons de lui en vouloir. Donc j’ai gardé mes distances.

Et un jour, il a abordé un sujet qui a de l’importance pour moi, et je l’ai contacté en privé. J’ai hésité pendant 3 jours, je me suis demandée si je ne faisais pas une erreur, si ça n’allait pas nous reconduire à une reprise de contact et à une relation de dépendance, comme ça avait toujours été le cas. Mais ça me tenait à coeur, donc je l’ai contacté. On a échangé quelques messages, et je me suis finalement rendue compte que, même si j’étais incapable d’être indifférente face à lui, je m’étais libérée de lui, de son emprise sur moi.

Je m’étais enfin libérée.

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Je ressens beaucoup plus de distance, et puis surtout, surtout, je sais que je ne veux pas revivre tout ce que j’ai vécu avec lui. C’était beaucoup trop de négatif, et je ne veux plus ressentir ce négatif dans ma vie. Je n’ai pas besoin de négatif ni de lui pour remplir ma vie. Je suis très heureuse sans lui, et je ne veux pas qu’il vienne pourrir ça.

Et je me suis rendue compte que, si moi j’avais évolué, lui ce n’était a priori pas le cas. Il s’est dévalorisé (« je suis un faible ») et victimisé dans nos échanges, et c’est là que je me suis rendue compte, que je ne voulais plus discuter avec lui. Je garde mes distances avec des personnes qui ont des mentalités similaires dans la vie, donc je ne voyais pas pourquoi, avec lui, je devais faire une exception. Et je refuse de la faire, cette exception.

Donc cher N., c’est avec grand plaisir que je t’annonce que je me suis enfin libérée de toi, que je ne ressens plus le besoin de t’avoir dans ma vie, et que j’en suis très heureuse.

D’ailleurs, je traîne une tendinite au coude droit depuis des années, et d’après le Dictionnaire des Malaises et des Maladies de Jacques Martel, elle peut être causée par ceci : « Comme j’ai tendance à oublier les leçons apprises dans le passé, je tends donc à refaire les mêmes erreurs. Je vis beaucoup de colère face à une situation et j’aurais envie de donner un coup de poing à quelqu’un, mais je me retiens. J’accepte de renoncer à mes vieilles idées et mes vieux patterns pour prendre la meilleure direction pour mon évolution. J’accepte aussi de laisser circuler l’amour dans les évènements qui se présentent à moi. »

Et cette fois, cher N., je choisis de ne pas reproduire les erreurs du passé, de m’apaiser et de ne pas recommencer…

Accueillir une nouvelle vi(ll)e

J’suis partie fin septembre, j’ai quitté cette ville dans laquelle je me sentais si bien, j’ai quitté mon appartement du 8e étage et sa belle vue, j’ai quitté mes amis avec lesquels je passe de si bons moments, j’suis partie, j’suis partie pour une nouvelle vie, une nouvelle ville.

J’suis arrivée là bas, et tout recommencer à zéro. Découvrir une nouvelle ville, découvrir ce nouvel environnement, tout réapprendre, devoir me réhabituer, construire de nouveaux repères, tout à reconstruire. Et puis faire le deuil de ce que j’ai quitté, cette ville dans laquelle je me sentais bien, dans laquelle je me plaisais, et qui me plaît plus que ma ville actuelle. Et puis faire le deuil de ces amitiés, on se verra toujours – bien sûr -, mais cela ne sera plus pareil, je ne serai plus là les week ends pour nos sorties.

J’suis arrivée là bas, et tout recommencer à zéro. Devoir rencontrer de nouvelles personnes, de nouvelles personnes avec lesquelles sympathiser pour faire des sorties ensemble. Trouver de nouvelles activités, devoir réinventer ses habitudes, faire le deuil de ce que l’on ne pourra plus faire – ces cours de danse dans cette école que j’aimais tant.

Beaucoup de chamboulements, beaucoup de bouleversements, se dire « et tout ça pour parler allemand, franchement quelle idée, si je n’avais pas eu cet intérêt au moins je serais restée là bas, dans cette ville, vers mes amis, vers ma famille. » Mais se sentir à sa place malgré tout, se dire que si je ne l’avais pas fait, je l’aurais regretté.

Premiers temps pas faciles, mais le temps passe, et puis les habitudes se font. Et puis l’acceptation arrive, l’apaisement, la joie des découvertes de choses qui nous réjouissent et qui nous plaisent. Les habitudes qui se font, et qui nous conviennent aussi.

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Même si être proche de quelqu’un me manque, même si avoir des personnes avec lesquelles sortir me manque, je prends mon mal en patience, je réfléchis à ce que je pourrais faire pour changer ça, et je comble mon week end pour en être satisfaite malgré tout.

Nouveau travail aussi. Nouveau rythme, découvrir ce travail intense… Apprendre à trouver son équilibre malgré les longues journées, malgré les multiples dossiers et tâches, malgré les déplacements, malgré les nuits à l’hôtel, malgré les nombreux et divers collègues rencontrés. S’habituer à ne pas avoir de routine, s’habituer à tous ces changements fréquents.

Mais être contente d’être ici, contente de vivre cette aventure et de tenter sa chance dans ce métier. Advienne que pourra par la suite… Pour le moment j’apprends à me sentir bien dans ce travail. Et puis, être contente d’avoir fait cette pause. Je n’aurais jamais pu tenir dans un travail tel que celui-ci après avoir fini mon alternance, et ce que j’ai appris pendant cette pause m’est très utile dans la construction de mon équilibre.

Bref, j’apprends à apprivoiser et à accueillir une nouvelle vi(ll)e, ça se fait petit à petit, j’avance doucement, doucement vers du mieux être…

Source : Photo of a day, National Geographic
Source : Photo of a day, National Geographic

Je suis en colère – sois une Lumière

Les évènements politiques de ces derniers mois ont montré une tendance à se refermer sur soi. Le Royaume Uni a choisi de sortir de l’Union Européenne, énormément de critiques sont faites sur les migrants, (entre autres choses), et dernièrement le point d’orgue : avec l’élection de Trump, c’est la victoire électorale du sexisme, du racisme, de l’homophobie, de l’islamophobie, de la xénophobie, du climato-scepticisme, du renfermement sur soi, du populisme, et tant d’autres choses encore…

Depuis plusieurs années, je travaille sur ces valeurs : respect de l’environnement (la terre et les animaux), tolérance, ouverture sur les autres, compréhension sans juger, bienveillance, aider les autres, apaisement, respect… Toutes ces valeurs qui sont reniées, notamment par l’élection aux Etats Unis, mais aussi bien sûr dans de nombreux autres pays.

Et cela me met en colère de voir que les gens, dans la majorité, vont plutôt dans l’autre sens : rejetons l’autre, dénigrons le, peu importe si ça lui fait du mal, et détruisons la planète, on s’en fout de toute façon. Je me sens impuissante, blessée de voir que les autres ne cherchent  pas à s’élever vers plus de lumière et de respect, bien au contraire.

Je ne sais pas quoi faire de cette colère pour le moment, mais une chose est sûre : elle me pousse à agir. Tout ce que je garde en moi depuis des années, tout ce que j’absorbe sur Internet, tout ce que je lis, tout ce que j’apprends, tout ce que je fais, mais que je garde pour moi, a envie de s’extérioriser. J’ai envie de m’exprimer, d’agir. J’ai envie d’inspirer les autres par mes actions, de leur montrer ce que je fais de positif pour les humains et pour l’environnement, de leur montrer comme cela apporte du positif, aux autres et à moi. J’ai envie de leur montrer aux autres que c’est possible d’être une Lumière, que c’est possible d’agir de manière positive.

Je ne pensais pas faire de bénévolat car mon nouveau travail est très intensif, mais je sens qu’il faut que je le fasse, qu’il faut que j’apporte du positif et que je ne peux pas rester uniquement centrée sur ma vie et mon bien-être. J’ai envie de leur montrer comme c’est mieux de faire le choix du positif et de l’ouverture aux autres et à l’environnement.

Et vous, que ressentez-vous ?

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PS : je n’ai bien sûr pas oublié mon blog, mais j’ai plutôt eu besoin de me recentrer sur moi  pour accepter et accueillir le mieux possible ma nouvelle vie. Cela se passe bien, je suis plutôt contente, et je reviens très vite avec un nouvel article :)

PPS : Merci à Marie Ribeill

Neuf mois de chômage : bilan

Demain est un grand jour : je reprends le travail après neuf mois sans activité professionnelle. Il est donc temps de partager avec vous mes ressentis sur comment j’ai vécu cette période, et ce qu’elle m’a apporté.

  • Une période pour prendre du recul

J’ai fait le choix de ne pas chercher du travail pendant mon contrat d’apprentissage et donc de ne pas enchaîner directement fin de mes études et nouveau travail, car j’avais besoin de prendre du recul sur l’activité professionnelle que je voulais exercer, et j’avais besoin de repos après ces études bien intensives… Et je suis vraiment très contente d’avoir fait ce choix, car cela m’a permis d’être plus sûre de mes choix, et de reprendre de l’énergie. Je suis donc prête pour ce travail intensif (nombreuses heures de travail + déplacements) qui m’attend, même si j’avoue que rentrer dans un tel rythme ne me rassure pas vraiment, on verra comment je vais le vivre.

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Source : Photo of a day – National Geographic
  • Chômage = vacances ?! 

Sachez le, je ne me suis jamais autant mis la pression que pendant cette période. Justement à cause de cette image, « les chômeurs sont des glandeurs, et ils sont en vacances, ces privilégiés et profiteurs de la société ». Je voulais donc que ma journée soit productive, et j’ai rarement relâché la pression la semaine…  J’avais aussi conscience que, normalement, je n’aurai pas à nouveau la chance d’avoir une aussi longue période sans activité professionnelle, et je voulais être sûre de bien utiliser cette période, de bien la rentabiliser, de ne pas avoir de regrets. J’avais donc du mal à m’accorder des temps de repos, du temps où ne rien faire… J’avais même parfois envie de retravailler pour pouvoir, justement, relâcher la pression, et pouvoir rentrer chez moi le soir sans avoir à culpabiliser et à me demander « est-ce que cette journée a été productive ? » Je me suis réveillée plusieurs fois très tôt le matin, à cause de cette pression de plein de choses à faire justement…

J’ai fini par relâcher la pression le soir parce que je me suis rendue compte que travailler engendrait du stress (« j’aurais dû plus travailler, je ne serai jamais prête pour mon travail »), et j’ai profité de mes soirées. Mais il y a seulement le week end où je m’autorisais à ne rien faire de productif.

Donc si j’ai un conseil à vous donner, c’est : ne faites pas comme moi. Profitez du temps libre accordé par cette période pour faire des choses que vous ne faites pas habituellement : faire des sorties culturelles, se promener, découvrir sa région, prenez le temps, faites du sport, lisez ou toute autre chose que vous aimez faire.

  • Le chômage & la solitude

Une des choses les plus difficiles dans le chômage, c’est le fait d’être seule toute la semaine chez soi, sans avoir de raison de sortir. C’est assez pesant et ennuyant à force. Pour mieux vivre cette période, j’ai fait du bénévolat (soutien scolaire auprès de jeunes en difficulté), et j’ai fait du sport (dans un club de sport). Cela me permettait d’être en contact avec des personnes et me donnait une raison de sortir de chez moi. Bien sûr, je voyais aussi mes amis et ma famille. C’est important, il ne faut pas s’enfermer sur soi sous prétexte que l’on n’a pas d’activité professionnelle.

  • Une période pour faire ce qu’on n’a pas le temps habituellement

J’ai découvert la méditation fin 2014, mais je n’arrivais pas à faire en sorte que cela devienne une habitude, voire une part de ma routine. Je méditais deux trois fois tous les mois, pas plus. Je n’ai pas spécialement envie de (prendre le temps de) méditer le matin, et le soir au vu du temps qu’il me restait avant de dormir, j’avais le choix entre deux choses : lire ou méditer. Et c’était bien souvent la lecture qui l’emportait. Or, en août, j’ai fait un programme de méditation sur l’estime de soi, et pour que cela ait des effets, le mieux est de faire un exercice tous les jours. Je l’ai donc fait, profitant du temps que j’avais. Et j’ai pu me rendre compte des bienfaits de la méditation, c’est devenu quelque chose en quoi j’accorde de l’importance, qui me fait vraiment du bien. Je compte donc bien continuer à méditer malgré mon travail, à trouver un moment pour le faire dans la journée. Même si cela donne de l’énergie et améliore le moral dans la journée, je préfère le faire le soir car cela fait une coupure bienfaisante entre la journée et le moment de dormir.

Je donne la méditation comme exemple car c’est ce que j’ai expérimenté, mais à vous de trouver quelle habitude de vie ou quel loisir vous aimeriez intégrer dans votre routine de vie, mais qui ne trouve pas sa place à cause des exigences de la vie de travail. J’en ai aussi profité pour faire de la calligraphie tous les jours ou presque en septembre, et je me suis rendue compte des bienfaits que cela avait sur moi, je compte donc bien continuer à le faire régulièrement.

Source : Photo of a day - National Geographic
Source : Photo of a day – National Geographic
  • Une période pour s’écouter

En période de chômage, on a rarement des obligations. Cela laisse donc la possibilité d’organiser ses journées comme on le souhaite et de faire les activités que l’on souhaite. Cela donne ainsi la possibilité d’avoir plus conscience de soi et de son rythme. Je me suis donc rendue compte de l’importance du sport, d’une activité physique et des bienfaits que cela avait. Je faisais de la danse quand j’étais en alternance, mais les jours où je n’avais pas sport, je rentrais chez moi le soir, bien heureuse de rentrer me mettre tranquillement devant mon ordi, et puis voilà. Mais à force d’être assise toute la journée, je me suis rendue compte qu’il était important d’écouter son corps. Lui aussi a besoin d’être pris en considération, et le faire bouger est important. Sortir prendre l’air, marcher pendant 30 minutes ou même faire du sport fait du bien,  car cela permet de se vider la tête et de ne pas penser à toutes ses préoccupations pendant ce temps là, et de profiter d’autre chose, de ce qui nous entoure, de sentir le soleil, l’air, la nature… Et on se sent bien mieux après.

Je me suis aussi rendue compte que j’aimais beaucoup prendre du temps le matin pour lire, savourer mon petit déjeuner, et j’aimerais beaucoup continuer à avoir du temps le matin avant d’aller au travail pour prendre le temps de faire des choses. Donc j’ai l’intention de me lever plus tôt (et donc de me coucher plus tôt) pour avoir ce temps à disposition, on verra si j’arriverai à le faire…

Cela invite aussi à s’écouter : de combien d’heures de sommeil avons-nous besoin pour être en forme le lendemain ? à quel moment de la journée sommes-nous la plus productive ? quel est notre rythme de travail ? (bon après malheureusement, le monde du travail s’en fiche pas mal de tout ça, mais quand on a la chance de pouvoir en prendre conscience, c’est plutôt précieux)

  • Une période pour redevenir créatrice de sa vie

Paradoxalement (ou pas), j’ai eu une conscience accrue des moments où je perdais mon temps lorsque j’étais au chômage. C’est les moments où on ne sait pas trop quoi faire, donc on ouvre une application, une page Internet, histoire d’errer quelque part et d’avoir quelque chose à faire… J’ai donc arrêté d’aller sur Instagram plusieurs fois dans la journée (pour ça, rien de plus simple, j’ai supprimé l’application de la page d’accueil de mon téléphone, comme ça j’ai perdu le réflexe d’aller dessus quand je regardais mon portable), et je me suis éloignée d’Internet. Je consulte Hellocoton moins souvent dans la journée, je lis moins de blogs, et mon activité sur Internet s’est fortement réduite. Une fois que j’ai fait le tour de ce qui je lis actuellement, je ne cherche pas à explorer autre chose, et je me lance dans une activité. Bien sûr, je continue à lire des blogs et à naviguer sur le net, car j’aime bien ces moments où je ne fais rien, mais le temps accordé y est moins important.

Justement parce que quand on travaille, on part du principe que tout notre moment passé pour notre métier a déjà été productif, et donc que c’est bon hein le soir, on a bien le droit de ne rien faire et de glander autant qu’on le souhaite. Mais en lisant, ou en regardant des films, des séries, la télévision, on est seulement spectateur, observateur et pas acteur de sa vie. On ne crée rien, on expérimente rien, or on se découvre en créant des choses et en expérimentant nos talents, notre personnalité. J’ai donc compris l’importance de faire des choses par soi-même plutôt que de se contenter d’observer ce que les autres font.

  • Conclusion

J’ai donc mis cette période à profit pour mieux me découvrir et pour apprécier certaines choses que je n’avais pas le temps de faire précédemment. J’espère pouvoir conserver ces habitudes qui m’apportent beaucoup et ne pas me faire emporter par le rythme de mon travail et la fatigue de celui-ci…

PS : il y a beaucoup de choses dont je m’en suis rendue compte pendant ma période de célibat, j’avais beaucoup moins l’occasion de m’écouter et d’être attentive à moi quand j’étais en couple, parce que c’était le  couple qui primait avec lui…

Et vous, si vous avez eu une longue période de non activité professionnelle, que vous a-t-elle apporté?

Source : Photo of a day - National Geographic
Source : Photo of a day – National Geographic

 

Dispose librement de ton corps

« Dispose librement de ton corps, et tu n’as pas à être insultée si tu le fais, tu dois être respectée ! », voilà le message que je vais vous délivrer dans cet article. Ce n’était pas prévu, mais finalement je vais vous raconter pourquoi mon ex m’a un jour traité de « salope ». Je me suis rendue compte que je n’avais pas réglé ce problème avec moi-même, et qu’il entraînait un blocage d’énergie dans mon corps. Culpabilisation, honte, non acceptation, non alignement avec moi-même…

J’ai été insultée de « salope » car j’ai posé nue pour un homme, qui me prenait en photo. (bon voilà, je sais que l’image que vous avez de moi risque de changer en sachant ça, mais c’est ainsi) En début d’année, j’étais très motivée pour apprendre à m’aimer, à me découvrir, à prendre confiance en moi. Et donc pour ça, j’étais ouverte à toute expérience que je pouvais juger intéressante. J’ai arrêté mes cours de chant en milieu d’année car cela demandait beaucoup de travail, et je n’avais pas la motivation pour. J’ai contacté mon prof de chant pour le prévenir, et le remercier, car ses cours étaient toujours très plaisants, j’y passais toujours un bon moment.

Il m’a répondu et m’a proposé de réfléchir à des solutions qui peuvent m’aider à lâcher prise, car j’ai du mal à lâcher prise quand je chante. Donc j’ai discuté avec lui, et il m’a expliqué qu’il aimait prendre des photos de personnes qui n’avaient pas confiance en elle, pour les aider à oser se dévoiler, à oser s’affirmer, à oser avoir plus confiance, et se sentir mieux. Forcément cela m’a intéressé, surtout que poser est quelque chose qui m’intéresse mais que je n’ai encore jamais eu l’occasion de réaliser.

J’ai accepté, j’en ai parlé à mon ex, et il m’a dit « je ne veux pas que tu poses nue ». J’avoue que je n’ai pas tenu compte de ce qu’il a dit, parce que c’était un cadeau que je me faisais et que j’étais heureuse de le faire. J’assume mon corps, je n’ai pas de problème pour le montrer, et cela me faisait plaisir d’avoir de belles photos de moi. Le photographe est une personne que j’apprécie, et qui m’a toujours respectée. Je ne voyais pas de négatif dans cette expérience, j’étais contente d’avoir osé le faire, d’avoir eu le cran de le faire.

Mais comme ce sujet tracassait beaucoup mon ex, il m’a demandé si je l’avais fait, et je lui ai avoué la vérité. Je sais que j’ai eu tort de ne pas avoir respecté son souhait, et qu’il y a eu un manque de communication là dessus, je sais que j’ai des torts.

Mais cela ne justifie pas son comportement par la suite. On a été très très proche de la rupture, il m’en a beaucoup beaucoup voulu. On a donc discuté, et… il a totalement sali cette expérience. Ce qui était un moment dont j’étais contente est devenu un moment dont j’ai honte, et que j’ai enfoui au plus profond de ma mémoire. Je n’ai jamais regardé les photos de la séance par la suite, je n’assume pas de les regarder tellement j’ai honte. Alors que sans lui, je n’aurais jamais ressenti cette honte.

Il a traité le photographe de « pervers ». Pour lui, tous les hommes qui aiment prendre des femmes nues en photo sont des pervers, il considère ce fait comme étant sale et dégradant. Alors que non, aimer prendre des femmes en photo ou les dessiner n’est pas forcément pervers, l’aspect artistique peut attirer en premier. Et dans le cas de mon photographe, ce qui l’intéressait, c’était de voir la personne prendre peu à peu confiance, oser et se révéler. Mon ex était aussi persuadé que les photos de moi allaient finir sur Internet, alors que non pas du tout… Mais il en était persuadé, et le fait qu’il considère que mon photographe soit un « pervers » a rendu cette expérience sale et dégradante. Pervers est un terme très péjoratif.

Il m’a ensuite dit que j’étais « naïve » de m’être laissée entraîner dans cette expérience, et de ne pas vouloir croire que le photographe était un pervers. Il a beaucoup insisté là dessus, et m’a fait comprendre que je le décevais d’être aussi « naïve ». « Naïve » est aussi un terme négatif, et plutôt blessant quand on sait que l’on ne l’a pas été… (enfin je ne pense pas me tromper)

Et puis enfin, pour finir en beauté, le terme « salope ». Qui m’a profondément blessée. Salope est une injure particulièrement forte, et signifie donc que :

  • toutes les femmes qui posent nues pour des hommes sont des salopes
  • disposer librement de son corps et le montrer à des hommes qui ne sont pas forcément notre partenaire de couple, c’est être une salope

Or, non, absolument pas. Nous sommes libres de disposer de notre corps comme nous le souhaitons, de le montrer à qui nous le souhaitons, et d’avoir une sexualité aussi libre que nous le souhaitons.

Je me suis sentie profondément blessée par ce mot, car pour moi, cela remettait en cause mes principes par rapport à ça. Qu’il emploie ce terme signifie très clairement qu’il juge négativement les femmes qui montrent leur corps à une autre personne que leur partenaire amoureux, et/ou qui ont des pratiques sexuelles autre que se donner uniquement à son partenaire de couple, dans un cadre amoureux.

Or je défends la libre disposition de son corps et une sexualité libre : chacune fait ce qu’elle veut avec son corps, et elle n’a pas à être traitée de salope, et ce dans absolument aucun cas.  Personne ne doit juger les autres sur ce qu’elles pratiquent.

Après, je peux comprendre que ça le dérange qu’une autre personne que lui voit le corps de sa partenaire, mais c’est un autre sujet (cela m’interroge tout de même sur les limites de la possession de l’autre). Mais je n’accepte pas le fait qu’il juge négativement de disposer librement de son corps. Et ça, il ne l’a jamais compris, et au vu du terme qu’il a employé, je n’ai jamais osé exprimer mon point de vue, par peur d’une dévalorisation ou d’un jugement encore plus négatif sur moi… Et inutile de dire que suite à cette conversation, j’ai porté un jugement négatif sur moi, et que j’ai stoppé toute envie de travailler sur l’amour de soi.

Parce qu’un jour, j’ai été traité de « salope » par mon partenaire.

Tatouage de David Boggins, un tatoueur américain fasciné par le corps des femmes, et qui aiment beaucoup les dessiner. J'ai toujours vu cet intérêt comme étant sain, et cela m'a mis en confiance pour ma séance.
Tatouage de David Boggins, un tatoueur américain fasciné par le corps des femmes, et qui aime beaucoup les dessiner. J’ai toujours vu cet intérêt comme étant sain, et cela m’a mis en confiance pour ma séance.